Home Politique Alassane Ouattara comme Mamadou Tandja, le Tazartché ivoirien risque d’emporter son auteur

Alassane Ouattara comme Mamadou Tandja, le Tazartché ivoirien risque d’emporter son auteur

Alassane Ouattara comme Mamadou Tandja, le Tazartché ivoirien risque d'emporter son auteur
Alassane Ouattara comme Mamadou Tandja, le Tazartché ivoirien risque d'emporter son auteur

La Côte d’Ivoire va-t-elle connaitre son « Tazartché » ? Alassane Ouattara sera-t-il le Mamadou Tandja des Lagunes ? L’histoire de l’impossible troisième mandat qui a coûté au président du Niger son fauteuil, sa réputation et liquidé les acquis de ses dix ans de redressement économique va-t-il se répéter en Côte d’Ivoire ? Les faits indiquent que oui. L’histoire nous enseigne que c’est tout à fait probable.

« Tazartché » est un mot qui signifie « continuité » ou « prolongation » en haoussa, la langue majoritaire du Niger. Ce mot est devenu le slogan des partisans de l’ancien Président du Niger, Mamadou Tandja. Plus qu’un slogan, le Tazartché était la planche de salut à laquelle s’accrochaient avec l’énergie du désespoir les membres du clan au pouvoir, la coterie de jeunes loups du MNSD-Nassara (Mouvement National pour la Société du Développement) et le conglomérat de tous les opportunistes profito-situationnistes nigériens, qui voyaient en un maintien du président au-delà du terme légal de son mandat, l’occasion de garder ou d’accéder à des privilèges indus.

Mamadou Tandja fut l’un des rares présidents nigériens arrivés démocratiquement au pouvoir par des élections libres et transparentes. Après une période de transition militaire dirigée par le Commandant Daouda Malam Wanké qui avait renversé le Général Ibrahim Baré Maïnassara, le Lieutenant-colonel à la retraite, Mamadou Tandja a été élu président de la République pour cinq ans et a pris ses fonctions le 22 décembre 1999. 

Grâce aux fonds issus du programme PPTE (Pays Pauvres Très Endettés), le nouveau président initie un « Programme Spécial » de Président. Avec le PS de Président Tandja, il multiplie les cases de santé, les classes, les mini-barrages, les seuils d’épandage, les puits pastoraux, octroie des crédits aux femmes rurales, etc. De nouvelles bâtisses font leur apparition et quelques kilomètres de bitume sont posés. Ses réalisations sont positivement perçues par le monde rural. 

En novembre 2004, il est réélu sans surprise pour un second et dernier mandat de cinq ans, devenant ainsi le premier président qui boucle un mandat entier sans être renversé par un coup d’État.

En effet, le Président Tandja bénéficie, pendant ses deux mandats, d’une coalition politique qui lui permet de gouverner sans soucis majeurs. Politiquement, il est soutenu notamment par :

– Le MNSD-Nassara son parti d’alors ;

– Hama Amadou, Premier ministre et Secrétaire général du MNSD-Nassara ;

– Cheiffou Amadou, Président du Conseil Économique, Social et Culturel et Président du Rassemblement Social-Démocrate (RSD-Gaskiya) ;

– Moumouni Adamou Djermakoye et son parti l’Alliance Nigérienne pour la Démocratie et le Progrès (ANDP-Zaman Lahiya) ;

– Hamid Algabid, ancien Secrétaire Général de l’Organisation de la Conférence Islamique, Président du Rassemblement pour la Démocratie et le Progrès (RDP Jama’a), parti fondé par le défunt Président Baré Maïnassara ;

– Sanoussi Tambari Jackou, Président du Parti Nigérien pour l’Autogestion (PNA Al Ouma), qui représentait la gauche pure et dure. Il faut noter que M. Sanoussi a subi la purge de l’époque de Seyni Kountché où il fut emprisonné 16 ans durant. On pourrait le comparer à M. Bamba Moriféré en Côte d’Ivoire. 

À l’époque, seul l’actuel Président de la République du Niger, le socialiste Mahamadou Issoufou, issu des milieux syndicalistes estudiantins, demeure dans l’opposition.

Pendant dix ans, Mamadou Tandja règne en maître incontesté sur le Niger. Sa priorité est de rétablir les contacts avec les bailleurs de fonds internationaux et leur offrir des garanties de stabilité et de libéralisme économique. Il sait que le budget du Niger dépend pour 50% des aides internationales. Il donne donc des gages de sécurité et de fermeté aux investisseurs. 

En 2007, il est juste perturbé par la résurgence au nord du pays, de la rébellion touarègue du Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ), qu’il avait matée en 1990, quand il était ministre de l’Intérieur du Général Ali Saïbou. Il doit également faire face à des contestations estudiantines, mais surtout à une mutinerie de plusieurs unités militaires.

À nouveau, le Président Tandja mate la mutinerie dans le sang et interdit à la presse d’en parler. Huit (8) propriétaires de journaux privés qui en ont parlé sont arrêtés et conduits à la Documentation d’État, la police politique du régime. Pour ce qui est de la rébellion touarègue du MNJ, il décréta tous les 3 mois, « l’état de mise en garde » dans le nord du pays.

Des dix années de gouvernance Tandja, l’opinion publique veut retenir la reprise de la coopération avec les bailleurs de fonds et les partenaires au développement, la régularité du versement des salaires des fonctionnaires, la stabilité retrouvée, un effort en direction du monde rural et le lancement des grands chantiers d’infrastructures.

Mais en 2008, le groupe français AREVA met à jour d’énormes gisements d’uranium dans la mine d’Imouraren et prévoit un contrat d’exploitation de plusieurs milliards d’euros avec le Niger sur 35 ans ! 

Aussitôt, des mouvements surgissent dès la fin de cette année-là pour réclamer au Président de Tazartcher (continuer) pour encore trois ans, après la fin de son mandat. Une campagne des Tazartchistes (les supporters de Tandja) commence à demander une extension de son mandat. Des autorités administratives, coutumières et politiques favorables au courant présidentiel, mobilisent les populations et entament un ballet devant les caméras pour demander au chef de l’État de rempiler pour trois années supplémentaires. Tous les médias d’État sont mis à contribution et on le supplie de ne pas rester sourd aux requêtes de son peuple. Les Tazartchistes mettent en avant les grands chantiers qui restent à achever :

– Le deuxième pont en construction sur le fleuve Niger à Niamey ;

– La raffinerie de pétrole de Zinder qui est en chantier ;

– L’usine d’extraction d’uranium d’Imouraren dans la région d’Agadez ;

– L’usine d’extraction de charbon de Sakadamna ;

– La cimenterie de Kaou dans la région de Tahoua ;

– Le barrage de Kandadji sur le fleuve Niger.

Les alliés politiques sont abasourdis devant le silence du chef de l’État, qui ne dit rien devant ce défilé. Selon la Constitution de 1999, le président ne peut avoir plus de deux mandats de cinq ans et Mamadou Tandja le sait, mais il se tait ! 

Toutefois, à l’occasion de la visite du président français Nicolas Sarkozy à Niamey, le 27 mars 2009, la question est posée directement par un journaliste français à Mamadou Tandja et il est obligé d’y répondre en ces termes : 

« Grandir, pour moi, est de partir la tête haute. Quand la table est desservie, il faut partir. Ne pas chercher à radoter autour pour chercher un autre mandat. Donc, je suis très clair là-dessus. Je n’ai jamais demandé à aucun Nigérien, un instant : est-ce qu’on peut ceci, on peut cela, où on va ? Jamais. Et je ne le ferai jamais, demander quoi que ce soit à un Nigérien pour que lui m’amène à changer la Constitution nigérienne ou alors à chercher des modifications dans notre constitution. Je la garde comme ça, je la préfère comme ça, jusqu’au bout.

Maintenant, pour ce qui est du peuple nigérien, les régions se sont prononcées pour dire : « Permettez au Président Tandja, trois ans pour lui permettre de boucler tous les chantiers qu’il a démarrés pour des raisons de stabilité et pour compléter ce qui est programmé ».

C’est l’affaire du peuple et de l’Assemblée. Ce n’est plus pour Tandja et Tandja ne parlera ni au Président de l’Assemblée, ni à quelqu’un d’autre pour dire à l’Assemblée de regarder cela, ce n’est pas mon affaire. Mais, à eux de savoir ce qu’il faut faire. Moi, je suis prêt à partir demain. Le 22 décembre, c’est la fin de mon mandat : au revoir, je me retire et merci bien. »

Tout le monde est stupéfait : le Président Tandja déclare qu’a priori, il n’est pas intéressé par un prolongement anticonstitutionnel de son mandat, mais si l’Assemblée nationale se penche sur cette question, il pourrait réexaminer sa position ! Le Président Nicolas Sarkozy, qui est présent à ses côtés, fait une déclaration alambiquée dans laquelle l’on retient deux éléments-chocs. Le premier, c’est cette phrase : « Depuis moins de 50 ans que le Niger est indépendant (…), la seule période de démocratie et de stabilité, c’est celle des deux mandats du Président Mamadou Tandja. (…) Que la classe politique nigérienne décide. Ce que je pense, c’est que s’il devait se décider quoi que ce soit, ça devrait être fait par le consensus et que le bien le plus précieux, c’est la stabilité qu’ils ont obtenue et la démocratie ». Et la deuxième phrase qui est une bombe : « Moi, j’ai changé la Constitution pour limiter le nombre de mandats. Je ne peux pas être contre. »

En définitive, l’opposition a compris : « je ne suis pas contre la limitation des mandats », mais le Président Tandja a compris : « je ne suis pas contre la modification de la Constitution, puisque moi-même je l’ai fait en France ». Pis, le Guide libyen Mouammar Kadhafi en visite au Niger en mars 2009, lance : « Je suis pour la liberté de la volonté populaire. Il faut que le peuple choisisse celui qui doit gouverner, même pour l’éternité. »

À partir de là, le Président Tandja qui se sent soutenu par Nicolas Sarkozy, décide de déclarer ouvertement ses intentions. Le 04 mai 2009, il déclare : « Le peuple demande que je reste, je ne peux pas rester insensible à son appel ». Et la France ne dit rien, car la elle a décidé d’appliquer sa fameuse « doctrine de la stabilité ». 

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En effet, elle préfère un dictateur qui maintient un habillage démocratique et qui est finalement conciliant pour ses intérêts économiques, plutôt que de soutenir une vraie démocratie. Nicolas Sarkozy craint qu’avec un nouveau président et dans un cadre plus démocratique, la France soit obligée de renégocier les accords qui encadrent son activité d’extraction d’uranium. Commence alors un forcing pour décapiter toutes les institutions qui s’opposent à ce projet de troisième mandat.

Le Premier ministre Hama Amadou, qui est réticent face à cette tentation autoritaire, chute avec son gouvernement, victime d’un vote de défiance du Parlement dans lequel il a pourtant la majorité à 88% ! Il montrait les plus vives réserves face à ce projet de prolongement anticonstitutionnel du mandat présidentiel. Il est limogé et emprisonné. 

Le nouveau Premier ministre, Seyni Oumarou est un Tazartchiste zélé. Il fait annoncer par le porte-parole du Gouvernement, dans les médias publics, l’intention du Président d’organiser un referendum sur la question. 

L’Assemblée nationale, dirigée par son allié Mahamane Ousmane, chef du puissant CDS-Rahama avec lequel il a réussi à obtenir une alliance majoritaire au parlement, est saisie d’un projet de loi de referendum. Il s’agit de demander au peuple, si le président peut continuer à rester au pouvoir pendant trois ans supplémentaires, après la fin de son mandat, afin de terminer ses chantiers. L’Assemblée nationale s’oppose à ce projet et indique qu’il va rejeter le projet de loi présenté par le Gouvernement. Alors, le Président Tandja entre en colère et dissout le Parlement, le 26 mai 2009, avant même qu’il ne rejette le texte. 

Les députés sont convoqués à la gendarmerie le 17 juin suivant, pour s’expliquer sur de prétendues gabegies dans la gestion des fonds du Parlement. Le Président de la République décide de s’arroger les pouvoirs législatifs et de gouverner désormais par ordonnances et par décrets. Il publie un décret convoquant le collège électoral pour le référendum. Un groupe de partis d’opposition attaque alors le décret du chef de l’État devant la Cour constitutionnelle. Dans un avis à l’unanimité de ses membres, la Cour constitutionnelle nigérienne, présidée par Mme Salifou Fatimata Bazeye déclarait que le référendum était anticonstitutionnel et qu’il allait contre le serment que Mamadou Tandja avait prêté. En conséquence, elle a annulé le décret. 

Le chef de l’État riposte en faisant défiler les populations à la télé pour couvrir d’invectives la Cour Constitutionnelle et ses membres. Le 29 juin 2009, Mamadou Tandja prend un décret qui dissout la Cour Constitutionnelle, malgré les dispositions de l’article 105 de la Constitution soulignant que « les membres de la Cour Constitutionnelle sont inamovibles pendant la durée de leur mandat ». Il est désormais chef de l’État, chef du Pouvoir législatif et chef du Pouvoir judiciaire. Il est devenu un dictateur.

Il prend un nouveau décret pour convoquer les électeurs, non plus pour solliciter une prolongation de trois ans, mais pour adopter une nouvelle constitution. Ça sera celle de la 6ème République, qui remet tous les compteurs à zéro et qui lui permet de briguer autant de mandats qu’il veut, en plus d’une rallonge de trois ans sur le mandat en cours.

Dans les rues, l’opposition et les syndicats manifestent chaque jour. Les invectives et la tension montent brutalement dans le pays entre anti et pro Tazartché. 

Le Président Tandja a coupé le pays de tous ses voisins africains et son entêtement à dissoudre toutes les institutions de la République ont conduit les bailleurs de fonds à suspendre leur coopération avec le Niger et à fermer le robinet des financements. Le pays est miné par des grèves perlées. 

Dans les casernes, des tracts exprimant un malaise dans l’armée commencent à circuler. La tension au sein de la troupe est perceptible. Le chef d’État-major des armées, le Général Moumouni Boureïma, très proche du Président Tandja, fait une tournée dans les casernes pour « mettre en garde » les soldats contre toute « tentative de remise en cause des institutions de la République ». 

Après l’adoption au forceps de sa nouvelle constitution et la prolongation illégale de son mandat, au mépris des appels répétés de la CEDEAO et de l’Union Africaine pour le respect de l’ordre constitutionnel nigérien, Mamadou Tandja veut se mettre à l’abri d’un coup d’État militaire.

Ainsi, il a convoqué tous les généraux de l’Armée, de la Police et de la Gendarmerie à sa résidence. Chacun d’eux a reçu une villa clés en main et 50 millions de francs CFA, pour acheter leur soutien. Il arrose aussi copieusement les officiers supérieurs des ex-rebelles touaregs du MNJ. Chacun d’eux reçoit également une villa et un bonus de 20 millions de francs CFA. En échange, ils doivent maintenir l’arrêt des combats au nord qui ont beaucoup fragilisé le président. Pour le reste de la troupe : rien. Zéro. La nouvelle des centaines de millions distribués aux généraux et aux officiers de la rébellion touarègue, casse le moral de l’armée et crée un esprit de sédition au sein de la troupe. Et ce qui devait arriver, arriva.

Le Commandant Salou Djibo, qui commandait la 5ème Compagnie de Commandement d’Appui et de Services (CCAS), unité d’élite chargée de la protection de la capitale et de la sécurisation des institutions, décide de passer à l’action pour arrêter la dérive autoritaire du Président Tandja. Face à la tiédeur de ses supérieurs devant la dictature qui s’emparait du Niger, il a pris ses responsabilités. Avec ses hommes, ils ont attaqué le palais présidentiel le jeudi 18 février 2010, juste après le Conseil des Ministres et mis aux arrêts le Président et son Premier ministre. Au Niger, c’est le premier coup d’État opéré sans le concours de l’État-major de l’Armée. 

Le Commandant Djibo est un ancien élève de l’École des Forces armées (EFA) de Bouaké, où il a effectué sa formation d’officier de 1995 à 1997. Il en est sorti sous-lieutenant et appartient à la promotion Joseph Anoma de ladite école. Il a conduit une courte transition d’un an, à la tête du Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocratie (CSRD) et a transmis le pouvoir le 7 avril 2011, au nouveau Président de la République élu, Mahamadou Issoufou. Le Tazartché voulu et rêvé par Mamadou Tandja n’aura duré en tout et pour tout que 56 jours, avant qu’il ne soit brutalement ramené à la réalité.

Entre le parcours du Tazartché suivi par Mamadou Tandja et la tentation du troisième mandat d’Alassane Ouattara, que de similitudes !

Similitudes au plan politique

• La perte de son principal bras droit

Alassane Ouattara a obtenu le soutien d’une coalition qui lui a permis de gouverner pendant 10 ans, dans la stabilité et la sécurité. Avant, pendant et après la crise armée, il a obtenu l’appui de Guillaume Soro, son plus fidèle allié, pour l’imposer au palais et affermir son trône présidentiel.

Guillaume Soro, c’était un peu son Hama Amadou, l’homme qui prenait tous les coups pour lui, qui défendait sa politique et affrontait ses adversaires, politiquement et militairement afin qu’il ait du répit. Autant Mamadou Tandja a évincé Hama Amadou de la Primature par un vote de défiance de la majorité parlementaire MNSD et l’a fait mettre aux arrêts, autant le Président Ouattara a contraint Guillaume Soro à la démission du perchoir de l’Assemblée nationale, où pourtant leur parti commun avait une majorité absolue. Hama Amadou est allé créer son propre parti, le Mouvement démocratique nigérien (Moden-Fa Lumana), et Guillaume Soro est allé créer le mouvement Générations et Peuples Solidaires (GPS), sa propre formation politique.

À la différence d’Hama Amadou, Guillaume Soro a échappé à une arrestation parce que son avion a été dérouté à la dernière minute, mais il a écopé d’une condamnation judiciaire comme son jumeau nigérien et ses partisans ont été arrêtés en masse et emprisonnés.

• La perte de son principal soutien politique

Mamadou Tandja est issu de l’ethnie minoritaire Kanouri, métissage de Peulh et de Soninké. Il fut le premier Président du Niger qui ne soit pas issu des groupes ethniques Haoussa ou Djerma. Au Niger, le poids des groupes ethniques est reparti comme suit : les Haoussa (47 %), les Djerma ou Zerma (18 %), les Peulhs (8 %), les Amazigh (4,8 %) et les Kanouri (4,2 %).

Mamadou Tandja, après avoir échoué deux fois à l’élection présidentielle (en 1993 face à Mahamane Ousmane et en 1996 face à Ibrahim Baré Maïnassara), n’avait aucune chance de devenir un jour Président de la République du Niger, s’il ne bénéficiait pas du soutien d’une puissante tribu. Il trouva son salut en Mahamane Ousmane. 

En effet, Mahamane Ousmane, économiste, socio-démocrate, fut le premier Président de la République du Niger élu démocratiquement en 1993 et renversé en 1996 par un coup d’État du Général Maïnassara. Lors de la présidentielle de 1999, face à son adversaire Mahamadou Issouffou, issu de l’ethnie Haoussa, Mamadou Tandja avait très peu de chances s’il n’obtenait pas le soutien d’un puissant allié. C’est ainsi qu’il se tourna vers Mahamane Ousmane, son ancien adversaire politique, le priant d’appeler sa communauté à voter pour lui. C’est donc ce dernier, qui pesa de tout son poids et de son prestige d’ancien chef d’État pour que le vote haoussa ne se reporte pas systématiquement sur Mahamadou Issoufou, le Haoussa et bascule en faveur de Tandja, le Kanouri.

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En Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara issu de l’ethnie malinké ne pouvait devenir président sans le soutien électoral d’une puissante ethnie. Candidat au deuxième tour face à Laurent Gbagbo, il se tourna vers son vieil ennemi Henri Konan Bédié, pour le supplier d’appeler les Akans à voter pour lui. Auréolé de son statut d’ancien chef d’État renversé par un coup d’État en 1999, le Président Bédié lança un appel public à voter en faveur d’Alassane Ouattara. Et c’est le vote Akan qui permit à celui-ci de devenir Président de la République en 2010. 

En somme, Mahamane Ousmane a apporté au second tour, le soutien des Haoussa au candidat Tandja d’origine mauritanienne par son père tout comme Bédié a apporté le soutien des Baoulés au candidat Ouattara d’origine voltaïque.

Mais, comme le fit Mamadou Tandja pour l’Assemblée nationale dirigée par son allié Mahamane Ousmane, le Président Ouattara s’est attelé à dissoudre le PDCI de son allié Henri Konan Bédié. Lui et Tandja ont perdu leurs puissants soutiens politiques et se sont mis dans une situation de fragilité politique extrême. Cela fut fatal pour le président nigérien. Pour le cas ivoirien, les choses sont en cours.

• La nomination d’un Premier ministre noceur

Quand il a fait arrêter et emprisonner pendant 10 mois à la prison de haute sécurité de Koutoukalé, son Premier ministre Hama Amadou, Mamadou Tandja avait urgemment besoin d’un bourreau de travail à ses côtés. À plus de 70 ans, il n’avait pas la force d’un jeune homme et devait beaucoup déléguer.

Hama Amadou, le Secrétaire Général de son parti, faisait si bien son boulot de Premier ministre que le Président Tandja l’a gardé pendant sept ans à ce poste. Un record. 

Au Niger, à cette époque, on parlait de « présidence laisse-guidon ». Et une célèbre chanteuse nigérienne, Hamsou Garba, fit même une chanson populaire dont le refrain était « Tandja yana kwana, Hama na aiki » (Tandja dort pendant que Hama travaille).

Il nomma d’abord Seyni Oumarou, qui démissionna pour se présenter aux législatives. Puis, finit par choisir Ali Badjo Gamatié. Ce fut son erreur. Gamatié fut présenté à l’opinion comme un grand cadre nigérien issu de la BCEAO, qui pouvait relever le Niger au moment où ce pays faisait face à l’une des plus graves crises politiques de son existence. 

Ali Badjo Gamatié se révéla un piètre Premier ministre, qui préférait plus se promener à bord du « Mont Bagazam », l’avion présidentiel, que réellement plancher sur ses dossiers. Il accompagnait aveuglément le président dans sa volonté de tazartcher. 

Quand les sanctions de la CEDEAO et de l’Union Africaine ont commencé à pleuvoir sur le Niger, quand les capitales occidentales ont commencé à se fermer face aux diplomates nigériens et que les bailleurs de fonds ont serré les cordons de la bourse au moment où le Niger commençait à entrer en phase de famine, le nouveau Premier ministre, lui festoyait avec ses copains pour célébrer sa nomination. Il tenta une tournée dans les capitales de la CEDEAO pour essayer d’expliquer le bien-fondé du Tazartché, mais ne réussit à rencontrer aucun chef d’État francophone. Il tenta la même opération auprès des pays anglophones, mais le leadership du Nigeria sur la CEDEAO le ramena à la raison. Il rentra donc au pays et continua sa bamboula pendant que le Niger s’enfonçait dans une crise politique grave.

En Côte d’Ivoire, un schéma similaire se dessine. Au moment où le pays est entré en crise politique, le président nomme un champion de N’dombolo à la Primature. Là où un travail de conciliation et de consensus politique autour des élections est nécessaire, le nouveau Premier ministre pousse le président dans le dos à persister dans sa volonté de briguer un troisième mandat anticonstitutionnel et continue d’organiser des fêtes fastueuses à sa résidence.

• Le défilé des courtisans pour réclamer une prolongation du mandat

Après le décès du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, et sur le lieu même de ses obsèques, le Président Ouattara a commencé à faire défiler des populations choisies à dessein, pour venir le supplier de faire une prolongation de son mandat, bien que la Constitution lui interdise d’en rêver. Ce défilé lugubre s’est poursuivi pendant plusieurs semaines pendant lesquelles l’on a vu des rois, des chefs traditionnels, des cadres issus des régions, supplier le Président de la République d’accepter de faire un troisième mandat anticonstitutionnel. Certains ministres sont même allés jusqu’à verser des larmes en public dans leurs supplications. Le parti présidentiel a organisé un vaste Conseil politique télévisé, pour demander au Président Ouattara de prolonger son mandat au-delà du terme constitutionnel. Exactement comme l’ont fait les partisans de Mamadou Tandja.

• La coalition présidentielle explose

Quand Mamadou Tandja s’est mis en tête de tazartcher son mandat présidentiel, il a perdu le précieux soutien de ses alliés politiques qui avaient fait bloc derrière et avaient opéré un report des voix en sa faveur. Il a perdu outre Hama Amadou qui a emporté avec lui une partie des cadres et des militants du MNSD, Mahamane Ousmane du CDS-Rahama, Cheiffou Amadou de RSD-Gaskiya et Moumouni Adamou Djermakoye de l’ANDP-Zaman Lahiya.

Alassane Ouattara, lui, a perdu, outre Guillaume Soro, Henri Konan Bédié et le PDCI-RDA, Albert Mabri Toikeusse et l’UDPCI, Anaky Kobenan et Anzoumane Moutayé du MFA et Me Soro Brahima de l’UPCI. Il est réduit à la seule dimension du RDR privée d’une grande partie de ses militants qui ont préféré suivre Guillaume Soro à GPS.

Comme Mamadou Tandja qui avait distribué une série de mandats d’arrêt contre ses opposants, Alassane Ouattara ne s’est pas privé du plaisir de lancer à son tour des mandats d’arrêt contre ses opposants, Laurent Gbagbo, Blé Goudé Charles, Guillaume Soro et peut-être bientôt Mabri Toikeusse.

• La violation des constitutions et des serments

Comme Mamadou Tandja déclarait devant le Président français Nicolas Sarkozy qu’il ne toucherait jamais à la Constitution de son pays et s’en irait à la fin de son mandat, Alassane Ouattara déclarait, lui aussi le 5 mars 2020 : « J’ai décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020 et de transférer le pouvoir à la jeune génération. Cette décision est conforme à ce que j’ai toujours dit ». 

Mais, le 29 juillet 2020, il déclarait face aux membres du Conseil politique de son parti qui lui demandaient avec insistance d’être candidat : « J’ai entendu les différents messages (…). Je prends acte des résolutions du Conseil politique (…). Je vous demande de me laisser le temps du recueillement et de la récupération avant de vous donner une réponse très prochainement (…). Notre pays fait face à des défis. Je ne peux pas rester insensible à la nécessité de préserver la paix dans la sous-région ». 

Enfin, dans un discours télévisé, diffusé la veille du 60ème anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara a annoncé qu’il ne pouvait rester insensible aux appels de son peuple et qu’il prenait la décision de tazartcher à son tour !

Pourtant, le Président Ouattara sait très bien que la Constitution de la Côte d’Ivoire l’empêche de briguer un troisième mandat. Et comme Mamadou Tandja, Alassane Ouattara a l’assurance que le Président Nicolas Sarkozy le soutiendra et fera en sorte que la France le soutienne également au nom de la « doctrine de la stabilité ».

• La tension dans le pays

Le projet de troisième mandat rêvé par Alassane Ouattara a mis en péril la précaire paix civile retrouvée il y a tout juste une décennie. Dans son propre camp, les défections se multiplient. Son ami de 40 ans, Daniel Kablan-Duncan l’a abandonné. Son ami de plus de trente ans, Marcel Amon Tanoh l’a quitté. 

Le cas Marcel Amon Tanoh est typique. C’est un personnage qui a toujours été au cœur du pouvoir. Il y a grandi et s’y est développé. Si Marcel Amon Tanoh quitte un pouvoir qu’il a contribué à mettre en place, dans lequel il était un personnage influent et prépondérant, c’est qu’il a compris la vacuité du système et sa fin proche. Il a préféré partir plutôt que de rendre compte des dérives d’un système dans lequel il ne se reconnaissait plus. Il avait constaté que le Président Ouattara était devenu autiste, égocentré et n’écoutait plus que la voix des laudateurs. C’est tellement typique de ce qui avait cours sous Mamadou Tandja ! 

Tous les ambassadeurs et les hautes personnalités, qui se rendaient au Niger et y rencontraient les conseillers du chef de l’État, étaient étonnés de les entendre répéter, les uns après les autres, que le Président Tandja était devenu sourd aux conseils, était entêté et qu’ils étaient obligés de l’accompagner dans son tazartché, sans y croire.

À Abidjan, ceux qui sont dans les cercles les plus proches du Président Ouattara disent exactement la même chose. Ils savent qu’il avait donné sa parole en public. Ils savent que son projet de troisième mandat ne peut apporter que la ruine et la désolation au pays. Mais, tous ont la même phrase à la bouche : « on ne peut rien dire, sinon on risque nos vies ». Ils regardent donc le président conduire le pays dans le mur en priant qu’il aura le réflexe de freiner à la dernière minute. Avec l’opposition, c’est identique.

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Le Président Alassane Ouattara est en guerre ouverte avec le PDCI-RDA, dont il a fait arrêter des cadres tel Jacques Mangoua et poussé à l’exil d’autres comme Akossi Bendjo. Il est en guerre déclarée avec Guillaume Soro qu’il a tenté de faire assassiner le 23 décembre 2019 à l’aéroport militaire d’Abidjan et détient prisonniers plus d’une cinquantaine de ses partisans. Le maintien en prison de dizaines de prisonniers politiques pro-Gbagbo et son projet de décapitation des principaux partis politiques ou de rejet de la candidature des principaux leaders de l’opposition politique font peser une menace grave sur la stabilité et la sécurité du pays.

En outre, l’interdiction de rassemblement signifiée aux militants de l’Opposition, tandis que les membres du RHDP, le parti présidentiel se rassemblent dans tous les endroits qu’ils veulent. L’accaparement des médias publics pour la couverture exclusive des activités du camp présidentiel crée une distorsion dans le jeu politique. À cela s’ajoutent les arrestations multiples de bloggeurs et de cyberactivistes proches de l’opposition, tandis que les appels au meurtre fréquents émanant de cyberactivistes et de leaders politiques du clan Ouattara ne donnent lieu à aucune réponse judiciaire. Cela crée un sentiment d’injustice qui se répand dans tout le corps social.

• Le parti au pouvoir seul autorisé à manifester

Quand face au Président Sarkozy, Mamadou Tandja a laissé sous-entendre qu’il pourrait rester si le peuple le lui demandait, il a déclenché la mise à feu du Tazartché. Tous les gouverneurs de régions, qui sont presqu’exclusivement des militaires, ont commencé à autoriser, voire à susciter des marches de soutien au Tazartché. 

Le gouverneur de Niamey, Tahirou Amadou a fait montre d’un zèle particulier dans la délivrance des autorisations de marches aux pro-Tazartché et interdit celles de la Société civile et des partis de l’opposition. Les gouverneurs de Zinder, Yahaya, Yendaka, Tahoua et de Zéty Maïga ne sont pas en reste. 

L’opposition n’avait pas accès aux médias publics qui ont été occupés à longueur de journées par des intellectuels, des juristes, des journalistes, des politologues, des religieux, des chefs de tribus, des associations de femmes, de jeunes, d’artistes, etc. qui, tous, venaient réclamer en chœur une prolongation du mandat présidentiel de Mamadou Tandja.

Les médias privés étaient soumis à de fortes pressions et plusieurs directeurs de publications proches de l’opposition sont arrêtés. Des journalistes comme Ibrahim Hamidou, journaliste renommé et Directeur de publication de « Tribune du Peuple » du temps de sa splendeur, vendit son âme au Tazartché contre espèces sonnantes et trébuchantes et devient milliardaire. En transformant son journal en tribune des pro-Tazartché et en attaquant violemment ses anciens amis de l’opposition, il obtient plusieurs récompenses, dont la plus notable fut son association avec Hadia Toulaye Tandja, le fils du Président Tandja, dans un obscur business minier, dont il revendit ses parts contre 2 milliards de francs CFA. 

Cela rappelle en Côte d’Ivoire, le cas d’un certain Méité Sindou, journaliste reconnu qui abandonna ses amis soroïstes de l’opposition pour rejoindre prestement le navire du troisième mandat, contre espèces sonnantes et trébuchantes également.

Le Général Diomandé Vagondo, âme damnée d’Alassane Ouattara et de son frère Téné Birahima Ouattara, a été placé au ministère de la Sécurité de Côte d’Ivoire, pour mettre des entraves à la liberté de manifester de l’opposition. Depuis que le Général Vagondo a été nommé, les militants du RHDP ont eu toutes les autorisations pour se réunir par milliers pour soutenir le projet de troisième mandat présidentiel, malgré les mesures mises en place pour la lutte contre le Coronavirus. 

Mais, sous ce même Général Vagondo, l’opposition n’a reçu aucune autorisation de rassemblement pour manifester contre la décision du troisième mandat d’Alassane Ouattara.

Similitudes au plan sécuritaire

• La subornation de l’Armée

Comme Mamadou Tandja, Alassane Ouattara sent que son Tazartché est très risqué. La situation socio-politique délétère couplée au mécontentement de l’Armée que l’on déploie en première ligne face aux djihadistes, sans aucun matériel de protection et sans primes de guerre, le rendent particulièrement fragile. Il veut donc s’acheter un parapluie anti-putsch. Alors, la solution trouvée est de convoquer les généraux de l’Armée, de la Police et de la Gendarmerie pour les couvrir d’argent. Comme chacun sait, chaque général est ressorti de son entretien avec le chef de l’État avec son enveloppe de 100 millions de francs CFA. Exactement comme Mamadou Tandja avait cadeauté ses propres généraux de 50 millions de francs CFA et d’une villa.

Le Président Ouattara, suivant les traces de son modèle nigérien, fit convoquer les chefs de l’ancienne rébellion des Forces Nouvelles et leur fit remettre à chacun 50 millions de francs CFA, afin d’obtenir la paix dans les casernes pendant qu’il tenterait de violer la Constitution pour briguer un troisième mandat. Mais, et les soldats du rang ? Rien. Zéro. Oubliés, comme au Niger.

• Recrutement de miliciens

En sus de l’application de ce qu’il a appris de Mamadou Tandja, Alassane Ouattara a pris la précaution de recruter au moins un millier de miliciens, auxquels viendront s’ajouter des supplétifs. Tout ce monde est en train de se préparer pour le Jour J, c’est-à-dire le 6 août 2020, le jour où Alassane Ouattara s’est déclaré candidat et entrera bientôt en campagne électorale. Il a bien dépensé 5 milliards de francs CFA pour acheter les généraux, mais il se dit qu’il faut dépenser quelques milliards de plus pour recruter des miliciens, car avec les militaires, on ne sait jamais. Ils pourraient avoir des états d’âme le jour décisif. Les miliciens eux n’en auront pas.

Similitudes au plan économique et social

• Le PS de Président Tandja et le PPU d’Alassane Ouattara, des clones

Quand Alassane Ouattara est arrivé au pouvoir, quelques mois plus tard, il réussit à obtenir le point d’achèvement de l’initiative PPTE, préparé plusieurs années en amont par les gouvernements précédents. Ce sont donc 6 000 milliards de francs CFA qui ne seraient plus affectés au remboursement annuel de la dette, qu’il a décidé d’utiliser en créant un programme hors-budget et hors contrôle baptisé Programme Présidentiel d’Urgence (PPU), comme le Programme Spécial (PS) de Président Tandja. En la matière, le Président Ouattara n’a rien inventé et a tout copié sur le Niger.

Le Programme Spécial de Président fut qualifié de Gâchis Spécial Présidentiel par les Nigériens, tant il a permis à la coterie proche du chef de l’État de s’enrichir outrageusement, tandis que la population croupissait sous le poids de la misère. Pour rentrer dans les clous du FMI afin d’obtenir ce fameux PPTE, le Président Tandja avait diminué les salaires des fonctionnaires, suspendu les appuis à l’éducation, à la santé, gelé l’embauche de nouveaux fonctionnaires et abaissé l’âge de départ à la retraite. Et quand les fruits de ces sacrifices sont arrivés, seuls lui et une partie des Tazartchistes se sucraient sur le dos des pauvres Nigériens. 

En Côte d’Ivoire, c’est pareil. Nul n’a jamais su avec exactitude le montant réel des fonds alloués au PPU. Pas même le Parlement, ni les membres lambda du gouvernement. Seuls le Président Ouattara et son fidèle coursier, Amadou Gon Coulibaly, savaient combien ils mettaient dans la cagnotte et combien ils dépensaient réellement pour les projets PPU. Dans notre pays, chacun sait que la plupart des ministres se sont fait construire leurs résidences sur les fonds du PPU, alors que lesdits fonds étaient à l’origine destinés aux œuvres sociales prioritaires. Le FMI qui s’en agaçait a sifflé la fin de la récréation et le PPU a été dissout sans jamais rendre compte de l’utilisation des fonds. Voici le régime d’Alassane Ouattara et pourquoi à l’instar de Mamadou Tandja, il est déterminé à tester la bravoure des Ivoiriens en se lançant dans son projet hérétique de troisième mandat. 

Mais, les Nigériens s’en souviennent encore : le jour où le Commandant Salou Djibo a décidé d’arrêter la dérive autoritaire du Président Tandja, tous les braves aux discours guerriers se sont évaporés. Lorsque Salou Djibo et ses hommes ont débarqué dans la salle du Conseil des Ministres, c’était la débandade générale. Le Président Tandja à 71 ans, a retrouvé la vigueur de ses 20 ans et a détalé pour s’enfermer dans son bureau dont la porte blindée, était censée lui garantir une sécurité à toute épreuve, abandonnant derrière lui son Premier ministre et les membres du gouvernement. Le Premier ministre Ali Badjo Gamatié quant à lui, a plongé sous la table du Conseil des Ministres en essayant de se faire le plus petit possible afin de se rendre invisible. Peine perdue. Le Président Tandja et lui ont été cueillis comme des poules et conduits à la garnison de Tondibia. Puis, le président fut confié au procureur et transféré au camp pénal de Kollo, après un séjour de plusieurs mois de séquestration à la villa verte de Niamey. 

Malheureusement, l’histoire est en train de se répéter en Côte d’Ivoire, où le Président Alassane Ouattara, sans tirer aucune leçon de la désastreuse tentative de Tazartché au Niger, semble avoir décidé comme Mamadou Tandja, de finir sa vie dans les rebuts de l’Histoire.

CHRIS YAPI avec la collaboration de Marou Idrissou, investigateur à Niamey.

Source: le courrier quotidien

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