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Alain Lobognon: « Ouattara n’est pas éligible! », « face au candidat du Rhdp, nous allons gagner »

Le député Alain Lobognon Photo-dillustration

Alain Lobognon: « Ouattara n’est pas éligible! », « face au candidat du Rhdp, nous allons gagner » (Interview accordée au Journal Le Temps)

M. le Ministre, depuis quelques temps vous êtes très critiques avec le pouvoir que vous avez pourtant aidé à installer. Alors qu’est-ce qui n’a pas marché ?

Merci pour cette opportunité que vous m’offrez pour m’exprimer. C’est une méprise de penser que c’est seulement maintenant que je suis critique. J’ai toujours été critique. J’ai toujours eu ma liberté d’expression. J’ai toujours affiché mes positions. Parce que j’ai toujours estimé que quand on est dans l’opposition, ce qu’on prévoit faire une fois qu’on est pouvoir, doit être effectivement fait.

Vous voulez dire que ce régime n’a pas fait ce qu’il avait promis aux Ivoiriens quand il était dans l’opposition ?

Je l’ai déjà dit il y a plus de deux ans de cela, en commentant le bilan de M. Ouattara. Pour résumer ma pensée, j’ai dit qu’il pouvait mieux faire. Prenons par exemple la question de la Commission électorale qui domine l’actualité nationale. Alors qu’il était dans l’opposition, le Rdr qui est devenu aujourd’hui Rhdp, et le Fpi, ensemble, dans le Front républicain, ont battu le pavé en Côte d’Ivoire pour réclamer une Commission électorale indépendante (Cei). A cette époque, les deux partis mis ensemble ne voulaient pas que l’administration préfectorale organise les élections en Côte d’Ivoire. Quand le Fpi est arrivé au pouvoir, on n’a pas vu M. Laurent Gbagbo imposer l’administration préfectorale dans l’organisation des élections. Parce qu’au sein du Front républicain, le Fpi et le Rdr avaient des positions bien tranchées. Ces positions-là, le Fpi a fait sa part en créant Commission électorale indépendante (Cei) conformément à la Constitution de 2000. Pourquoi maintenant que le Rdr est au pouvoir, pourquoi veut-il confier l’organisation des élections au corps préfectoral ? On parle de la surreprésentativité de l’administration et des institutions dans la nouvelle Commission électorale telle qu’elle est proposée par le pouvoir. Et dans sa proposition, le pouvoir met le corps préfectoral au-devant dans les commissions locales. Le préfet ou le sous-préfet qui vont organiser les élections, c’est ramener le corps préfectoral dans le jeu électoral. Nous disons non ! C’est pourquoi je dis que le Rdr devenu le Rhdp ne doit pas changer de parole, il ne doit pas changer de posture. J’aurais voulu que le Rdr reste constant et qu’on permette à cette commission électorale d’être indépendante. Sinon c’est un recul démocratique et cela je ne peux pas l’accepter.

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Est-ce que ce n’est pas parce qu’on vous débarqué du gouvernement que vous aussi plus critique en vers ce régime ?

Pour ceux qui me suivent, je dis souvent que ce sont les trolls, ceux qui veulent distraire l’opinion, qui pensent cela. Sinon j’ai toujours été critique, même au sein du gouvernement j’étais critique. Mes ex-collègues pourront vous dire que j’étais critique quand j’étais dans le gouvernement. Ce n’est donc pas maintenant que je le fais. On se connait en Côte d’Ivoire. Mes positions n’ont pas changé. Au sein du gouvernement, j’étais en charge de la jeunesse, du service civique et du sport. On m’a entendu ici en Côte d’Ivoire dénoncer le traitement qui était fait aux sportifs. Je disais que l’argent des sportifs doit aller aux sportifs. J’ai communiqué régulièrement sur les primes qui doivent être allouées aux sportifs. Et on me reprochait d’être trop ouvert. On me reprochait le fait que je sois transparent. Au gouvernement, je m’intéressais à ce qui se passait dans d’autres structures. Comme par exemple au niveau du ministère de la santé. J’ai été celui-là, qui en plein Conseil des ministres, a dénoncé les conditions dans lesquelles Awa Fadiga, a perdu la vie au Chu de Cocody. On m’a reproché de n’avoir pas été solidaire de ma collègue. J’ai dit que je ne peux pas me taire devant un tel fait. Ce n’est donc pas maintenant que je suis critique. 
J’étais dans l’opposition j’étais critique. Au pouvoir j’étais critique. Et on me dit que c’est maintenant que je suis critique. Non, j’ai toujours été critique. On ne nait pas ministre, on devient ministre. C’est ma position. J’étais au gouvernement; je sais qu’un jour je pourrai être appelé à revenir dans un gouvernement, mais pas dans un gouvernement qui ne respecte pas ses engagements.

Selon vous, Ouattara peut-il être candidat ?

Je ne suis pas juriste. Mais quand même j’ai vu le Rdr naître. Et je sais comment demander d’apprécier les textes. L’obtention de deux mandats non-renouvelables est le résultat du combat au sein du Front républicain (Fpi-Rdr). Alors, aujourd’hui, ce n’est pas parce qu’on est au pouvoir, que cela doit changer! On a demandé deux mandats en 1995 avec le boycott actif, puis en 1998. En 2000, le militaire a eu pitié de nous, il a fait inscrire dans la Constitution qu’il faut deux mandats non-renouvelables. Pour cette Constitution de 2000, le Rdr a appelé à voter «Oui»! Même si des gens comme nous, ont voté «Non». Le Rdr n’a jamais défendu 3 mandats! Donc M. Ouattara n’est pas éligible! Alors respectons la Constitution et c’est ce que nous réclamons dans le camp Soro. Parce que, nous, face au candidat du Rhdp, nous allons gagner.

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Sur quoi vous vous fondez pour affirmer que vous allez gagner ?

Mais nous avons les hommes qu’il faut, un programme, nous avons un appareil qui est prêt, nous avons les moyens d’aller à cette élection. Mais nous disons qu’il ne faut pas reconduire les conditions qui pourront créer un nouveau bain de sang en Côte d’Ivoire, c’est tout! Pour nous, une élection doit être une fête. On va aux élections, on chante, on vote, le soir, on vient, on annonce le nom du vainqueur, le même jour, et puis, c’est fini.

Est-ce que vous regrettez aujourd’hui, d’avoir aider à mettre ce régime au pouvoir ?

Non, je ne regrette pas. Parce que si M. Ouattara n’était pas arrivé au pouvoir, tous ceux qui s’excitent aujourd’hui autour de lui auraient eu des arguments pour dire que c’est parce que M. Ouattara n’est pas au pouvoir que le pays n’est pas ceci, le pays n’est pas cela. C’est parce que M. Ouattara n’est pas au pouvoir que la télévision d’Etat est entre les mains du parti au pouvoir. C’est parce que M. Ouattara n’est pas au pouvoir que la Commission électorale n’est pas indépendante. C’est parce que M.
Ouattara n’est pas au pouvoir, qu’on met un député en prison. C’est parce que M. Ouattara n’est pas au pouvoir qu’on met un ministre en prison. C’est parce que M. Ouattara n’est pas au pouvoir qu’on demande en plein mandat à un président de l’Assemblée nationale de démissionner. Alors, vraiment je ne regrette pas d’avoir participé à son arrivée au pouvoir. On a vu ceux qui sont au pouvoir avec lui et à chacun d’apprécier.

Le projet de loi soumis au vote (jeudi 18 juillet dernier) devant les députés dont vous faites partie n’a pas pris en compte l’Arrêt de la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples, votre amendement et les exigences des partis de l’opposition et de la société civile. Quels commentaires faites-vous ?

La Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples a demandé à la Côte d’Ivoire de se plier aux instructions contenues dans son Arrêt. Cela n’est pas négociable. C’est-à-dire que la Cour ne laisse pas le choix à la Côte d’Ivoire de trier ce qui est bon ou ce qui n’est pas bon, dans l’Arrêt. On demande à la Côte d’Ivoire de se plier aux exigences de la Cour. C’est aussi simple. La Côte d’Ivoire a ratifié le protocole s’agissant de la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples. La Côte d’Ivoire a ratifié le protocole de la Cedeao sur la démocratie. C’est l’application de tous ces protocoles qu’on demande à la Côte d’Ivoire. Tout récemment, on a demandé aux députés de ratifier plusieurs conventions internationales. Mais l’Arrêt de la Cour africaine est aussi endossé aux conventions internationales que la Côte d’Ivoire a déjà ratifiées. On demande à la Côte d’Ivoire de mettre en place une Commission électorale indépendante. Au lieu de se plier à cela, on refuse. Mais comme nous sommes des opposants, nous allons nous battre jusqu’à ce qu’on obtienne l’application de l’Arrêt de la Cour africaine. En tant que citoyen, en tant que nostalgique des revendications au sein du Front républicain, je le dis, les partis politiques n’ont pas leur place au sein de la Commission électorale indépendante. Elle doit être l’affaire de la société civile. C’est vrai, certains vont dire qu’il n’y a pas de société civile en Côte d’Ivoire. A ceux-là, je dis que ce n’est pas eux qui ont saisi la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples. C’est la société civile qui a saisi la Cour africaine. On a des syndicats de magistrats en Côte d’Ivoire. Demandons aux magistrats d’élire leurs repré- sentants. On a des avocats qui peuvent élire des représentants. On a des Ong qui s’occupent des élections, elles peuvent élire leurs représentants. On pourrait même demander aux journalistes d’élire des représentants. Le 16 juillet 2019, l’Assemblée nationale a adopté en commission, la loi permettant aux femmes d’accéder aux postes de responsabilité. On pourrait demander également aux femmes de désigner des représentants pour qu’on ait une commission à l’abri des partis politiques. Si on accepte les partis politiques au sein de la Commission électorale, certains seront avantagés et d’autres ne le seront pas. Dans notre proposition, nous disons que les partis politiques n’auront accès à la commission que pendant l’élection. En désignant des membres non permanents. Ils seront là, en tant qu’observateurs. Ils participent au processus électoral et puis, à la fin des élections, une fois que les résultats définitifs sont proclamés, ils quittent la commission. C’est aussi simple! Nous avons donc des propositions concrètes à faire sur la Commission électorale indépendante. Ce n’est pas cette proposition du gouvernement. A l’Assemblée nationale, nous allons nous battre, nous ferons tout, pour faire passer nos propositions.

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Selon vous, pourquoi le régime refuse d’appliquer l’Arrêt de la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples ?

C’est parce qu’il se dit qu’il n’a plus d’opposition et donc, il faut confisquer le pouvoir. En fait, c’est une tentative de confiscation du pouvoir qui se joue actuellement en Côte d’Ivoire. La télévision d’Etat est confisquée, on fait ce qu’on veut. Alors que justement, le 27 octobre 1999, la direction du Rdr est arrêtée, parce que nous participions à une marche pour demander la fin de la caporalisation de la Rti. Parce qu’on ne veut pas quitter le pouvoir, on demande au Directeur général de Fraternité matin, de signer des éditos, pour attaquer les uns et les autres. Ce n’est pas pour cela, qu’on s’est battu! Cela ressemble à un retour au parti unique. Quand on s’est sacrifié, quand on a perdu des amis qui n’étaient même pas engagés dans une guerre, quand on a perdu des parents, des innocents, on doit demander au régime de regarder dans le rétroviseur et de mettre fin à ce qui est en train de se passer. Quand on s’est payé le luxe d’encourager au transfèrement de compatriotes hors du pays, à la Cpi, on doit se dire que la roue tourne. Et pour que la roue arrêtée ne vous désigne pas, on doit se plier aux règles d’un Etat de droit. Oui, nous voulons un Etat de droit en Côte d’Ivoire.

Malgré le souhait des Ivoiriens qui veulent la gratuité de la délivrance de la Carte nationale d’identité (Cni), et votre amendement, les députés du Rhdp ont voté en commission, la loi fixant la somme de 5000Fcfa pour le l’obtention de cette Carte. Quels commentaires ?

Pour le moment, la loi n’est encore passée. Et c’est en cela, que j’accuse les intellectuels ivoiriens. J’accuse les journalistes. J’accuse les constitutionnalistes en Côte d’Ivoire. J’accuse les juristes de Côte d’Ivoire. La loi est passée en lecture à l’Assemblée nationale. Mais n’oublions pas que la Constitution de la 3è République nous impose une deuxième chambre qui est le Sénat. Est-ce qu’elle est passée devant le Sénat ? Non ! Mais elle a été promulguée ! Que disent les juristes ? Que disent les intellectuels ? On est en train de violer notre propre Constitution. Que disent-ils ?
C’est pourquoi, je dis qu’on ne peut pas reprocher aux députés qui demandent que l’Etat finance les nouvelles Cartes nationales d’identité (Cni), la prise d’une loi relative au code général des impôts dans lequel, à l’article 901, il est fixé le droit de timbre pour la carte la Cni en Côte d’Ivoire à 5000Fcfa. Oui, c’est une loi votée par les députés, c’est vrai. Mais on a eu la Constitution de la 2è République. Est-ce que cette Constitution-là, celle que tout le monde a appelé à voter, est toujours valable ? Non ! Parce qu’à un moment donné, quand ce n’est pas bon, on dit que ce n’est pas bon. Et pour revenir à notre amendement, nous voulons insister pour dire que l’Ivoirien a besoin de savoir qu’il est effectivement Ivoirien dans son pays. C’est aussi simple.

Mais M. le ministre avec cette position, on vous traitera de «xénophobe».

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Moi Lobognon, je ne sais pas qui va avoir le courage de venir s’arrêter devant ma porte, pour dire que je suis ivoiritaire. Au Ghana, le Président ghanéen demande à ses compatriotes de ne pas brader la nationalité ghanéenne. Il leur demande de ne pas aider les non-Ghanéens à obtenir la carte nationale d’identité du Ghana. En Côte d’Ivoire, ceux qui vont aider les non nationaux à avoir la carte nationale d’identité ivoirienne, ce sont des fraudeurs ! Ils n’aiment pas la Côte d’Ivoire ! C’est pourquoi je pense qu’on doit dépolitiser la question de la carte nationale d’identité. L’Etat doit dépolitiser la question de la carte nationale d’identité. En identifiant lui-même ses propres citoyens. On a vu le dernier recensement général de la population et de l’habitat qui a été bâclé! A ce jour, nous ne savons pas combien nous sommes en Côte d’Ivoire. Les Ivoiriens sortent chaque jour du pays en cascade! On dit que si l’Etat doit financer les cartes d’identité, il doit prélever un impôt. Mais l’Etat a toujours prélevé les impôts en Côte d’Ivoire! Les Ivoiriens payent les impôts. Mais le problème est que les impôts prélevés ne sont pas tous déclarés.

Pourquoi dites-vous que l’Etat doit supporter le coût des cartes nationales d’identité ?

J’ai été maire d’une commune. Je sais que l’acte de naissance est vendu. Je sais que dans la commune de Fresco, là où certains font leurs actes de naissance à 500Fcfa, d’autres sont obligés de payer 2500Fcfa à la sous-préfecture. Parce que le Sous-préfet, pour signer, dit qu’on a envoyé quelqu’un à Abidjan, pour acheter les timbres. Il y a donc un droit de timbre à payer. Tous ces faux frais mis ensemble font trop pour l’Ivoirien. C’est pourquoi nous pensons que l’Etat doit supporter le coût de la carte nationale d’identité. Comme c’est le cas au Ghana. Oui, au Ghana, la carte nationale d’identité est gratuite. Mais là-bas, la carte nationale d’identité sert de carte d’assurance aux Ghanéens. C’est la même chose que nous demandons qu’on fasse en Côte d’Ivoire! Puisque la carte d’identité que nous aurons, aura une multiple fonction. Au lieu de sortir de l’argent pour éditer d’autres cartes, que la carte d’identité serve de carte de d’assurance santé. Que la Carte nationale d’identité serve de carte d’électeur. Pour la mise à jour de la liste électorale, il faut sortir des milliards, que cet argent serve pour la confection des cartes nationales d’identité. On sait également que les Ivoiriens éditent de nombreux documents administratifs contre payement. Cet argent n’entre pas dans les caisses de l’Etat. Pour une fois, que la carte d’identité permette de tracer l’argent qu’on paye! Pour passer le concours de l’Ena, on paye plusieurs milliers de Fcfa. On sait où va cet argent ! On peut demander que cet argent soit payé dans les caisses du Trésor. Je veux dire qu’il y a beaucoup d’argent qui circulent et qui n’entrent pas dans les caisses de l’Etat de Côte d’Ivoire. Nous avons demandé au ministre. Il nous a dit de nous adresser au ministre de l’Economie et des Finances. Eh bien, nous l’atten- dons à l’Assemblée nationale. Lors de l’examen du budget l’Etat pour 2020, nous allons faire nos propositions. Nous allons faire un amendement de l’article 901 du code général des impôts. Parce que la Côte d’Ivoire doit faire comme le fait le Ghana où la carte est gratuite. Le Sénégal l’a fait sur les 6 premiers mois de l’opération.
En France, contrairement à ce que racontent certains, la carte nationale d’identité est gratuite. En France, les actes de naissances sont également gratuits. Pourtant, les Français payent l’impôt.

Certains pensent qu’une partie des salaires des députés peut contribuer à supporter le coût des cartes.

Ce qu’ils ne savent pas, c’est que les députés ivoiriens sont les moins bien payés de la sous- région. Les députés en Côte d’Ivoire n’ont même pas d’assistant parlementaire pour travailler sur leurs textes. C’est des milliards qu’on brade avec les nombreuses directions générales qu’on a en Côte d’Ivoire, sans résultats. Tout cet argent qu’on prend pour les payer sort des caisses de l’Etat ! C’est de l’argent gaspillé. C’est pourquoi, nous prônons l’utilisation rigoureuse des ressources de l’Etat de Côte d’Ivoire.

Source: facebook.com/alainlobau/

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Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site Ici Abidjan

 

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