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Affaire « nous n’allons pas libérer les prisonniers » ces propos qui inquiètent

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Affaire "nous n'allons pas libérer les prisonniers" ces propos qui inquiètent

Souvent nos hommes politiques, surtout lorsqu’ils sont au pouvoir tiennent des propos que ne se permettrait pas le citoyen lambda doté de bon sens. Ces propos dans bien des cas jettent le discrédit sur certaines de nos institutions, qui elles donnent le sentiment d’être arrimées à la seule volonté de ces politiciens au mépris des règles en vigueur.

Ce Samedi 21 Novembre 2020, Adama Bictogo, directeur exécutif du RHDP, au cours d’une cérémonie organisée à la mairie d’Adjamé en hommage à leurs militants aurait tenu les propos suivants: « Nous n’allons pas libérer les prisonniers. Et les familles endeuillées ? Tous ces morts, on ne va pas les enjamber. Personne n’est au-dessus de la loi. Les Ivoiriens ont besoin de paix et non de mensonge ».

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Si ces propos tenus en réponse à Henri Konan Bédié qui exige la libération des prisonniers de l’opposition sont avérés, alors il y a de quoi s’inquiéter pour la justice en Côte d’Ivoire. Les personnes mises aux arrêts le sont sur ordre du RHDP ou du procureur de la république ? Qui ne va pas libérer les prisonniers ? La justice obéit-elle aux injonctions du parti au pouvoir ou de la loi? Mr Adama Bictogo ancien ministre, est certes une personnalité politique de premier plan dans son parti et en Côte d’Ivoire. Mais il n’est plus au gouvernement, il n’est pas non plus procureur d’une quelconque juridiction encore moins membre des forces de l’ordre. Dès lors tenir de tels propos fonde à questionner l’indépendance de la justice ivoirienne et de ses animateurs. Cela fonde aussi à comprendre que tous ces prisonniers peuvent être libérés demain matin ou tenus le plus longtemps possible dans les liens de la détention au bon vouloir du parti houphouétiste. Il aurait peut-être été plus simple pour lui de dire « laissons la justice faire son travail. En somme rien qu’à la lecture des dires de l’ancien ministre de l’intégration africaine, il est aisé de penser que les arrestations d’opposants en cours ne relèvent pas que du fait judiciaire.

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Nous faisons remarquer que cette rhétorique qui favorise au sein des populations le sentiment d’une main mise politique sur le pouvoir judiciaire n’est pas nouvelle. Le 24 Octobre 2020, déjà le président Alassane Ouattara en personne, au cours d’une interview accordée aux médias français Le monde, avait évoqué pour Guillaume Soro une sévère condamnation à perpétuité qui avaient choqué plus d’un et provoqué une levée de boucliers de plusieurs hommes des médias. Avec cette autre sortie d’Adama Bictogo, il y a de quoi douter d’une issue heureuse de la situation de blocage politique dans laquelle le pays est plongé et qui est certainement source de grande inquiétude pour chaque ivoirien.

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