HomeNon catégoriséCrise électorale : l’opposition sort du bras-de-fer avec le pouvoir, très affaiblie

Crise électorale : l’opposition sort du bras-de-fer avec le pouvoir, très affaiblie

Crise électorale : l’opposition sort du bras-de-fer avec le pouvoir, très affaiblie
Crise électorale : l’opposition sort du bras-de-fer avec le pouvoir, très affaiblie

Le paysage politique ne sera plus désormais comme nous l’avons connu. Une mutation en profondeur est attendue. Cette véritable métamorphose sera opérée au burin par Alassane qui sort ragaillardie de l’élection présidentielle du 31 octobre, à l’inverse d’une opposition en proie à mille doutes.

Alassane Ouattara sort de son bureau de vote, assuré de sa victoire

La défaite est nette, cuisante ! L’opposition a perdu le combat qui l’a opposé au Président sortant, Alassane Ouattara. On peut toujours brandir le fait que boycott actif ait massivement suivi dans la plupart des grandes villes du pays et dans des localités plus modestes. Gagnoa, Man, Abengourou, Bongouanou, Guibéroua, Saiwa, Botro, Béoumi, Sakassou, Tiébissou, etc. Toutes étaient dans la dance. Des Commissions locales de la Commission électorale indépendante (Cei) saccagées, des urnes détruites, des bulletins de vote incendiés. En réalité, la désobéissance civile a touché ou impactée presque toutes les villes de Côte d’Ivoire, en tout cas, les villes peuplées du sud, de l’est, du centre-ouest et de l’ouest. Abidjan, la capitale économique a connu ses heurts, mais c’est l’abstention au vote qui a été la plus remarquable. Mais là n’est pas la question !

D’ailleurs, tous ces faits et entrave à l’organisation de l’élection sont balayés du revers de la main par Ibrahim-Kuibiert Coulibaly, le président de la Cei qui parle d’incidents mineurs avec destruction de quelques urnes dans quarante lieux de vote sur les dix mille. Ce qui n’a pas grand incidence sur toute l’opération. Et il a raison ! Parce que l’enjeu de cette élection n’est pas tant le taux de participation ou l’engouement des ivoiriens. Guillaume Kigbafori Guillaume, candidat invalidé du Groupement et peuples solidaires (Gps), Pascal Affi N’Guessan, président du Front populaire ivoirien (Fpi) et porte-parole de la coalition de l’opposition et tous les autres adversaires d’Alassane Ouattara avaient affirmé avec une assurance déconcertante que la présidentielle ne se tiendrait pas à la date du 31 octobre. L’enjeu de l’élection pour le camp présidentielle, c’était tout simplement que l’élection se tienne à tous prix et à la date. C’est ce qui vient d’être fait. Le camp Ouattara peut donc savourer sa victoire. Une victoire nette sur l’opposition politique et même sur les Organisations de la société civile (Osc) dont certains dirigeants sont embastillés.

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L’opposition, ici avec son leader, Bédié (5e au premier plan à partir de la gauche) est en plein doute.

La victoire du camp présidentielle est venue comme cerise sur un gâteau déjà très onctueux. Alassane Ouattara n’a reculé sur aucun point des exigences de l’opposition. Ni sur la recomposition de la Cei comme exigée par la Cour Africaine des droits de l’homme et des peuples (Cadhp), ni sur l’audit international du listing électoral, encore moins sur la mise en place d’un nouveau Conseil constitutionnel. Mieux, l’Union africaine (Ua) et la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (Cedeao), après une mission conjointe avec l’Organisation des Nations Unies (Onu), ont condamné « le crime » des actions de rue consécutives au mots d’ordre de l’opposition. Dans la même logique, ces organismes africains ont dépêché des missions d’observation de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire. Histoire de montrer qu’ils n’ont rien à redire sur le processus électoral en cours. Les soixante-dix morts et surement près de cent à aujourd’hui sont sans doute considérés par l’Ua et la Cedeao comme des détails non essentiels. La Côte d’Ivoire étant coutumière de la violence électorale depuis au moins vingt-cinq années, une centaine de morts, ça n’émut plus personne en réalité !

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Comme suite à cette élection dont Alassane Ouattara sera déclaré vainqueur, le Président qui sera alors reconduit dans son troisième mandat a désormais les coudées franches pour conduire la « pacification » de la Côte d’Ivoire. Il a ordonné, le samedi à sa sortie de l’urne, que l’opposition arrête immédiatement « ses actions criminelles ». Un ultimatum ne se fait pas en d’autres termes. Avant la tenue de l’élection, Le candidat du Rhdp annonçait déjà des poursuites judiciaires et des condamnations à perpétuité de leaders d’opposition dès après la présidentielle. Il indiquait que les investigations ayant permis d’établir la culpabilité de ces leaders, les dossiers ont auraient déjà été déposés devant la justice qui n’attend que son OK pour ouvrir les procès.

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Les violences qui ont émaillées ce scrutin avec leur cortège de morts , n’ont ému ni L’Ua, ni la Cedeao

Le Chef d’Etat a promis par ailleurs que dès sa réélection, il procéderait à une révision constitutionnelle qui chassera du champ politique ses principaux rivaux. Il faut aussi noter qu’avoir exprimé son suffrage Alassane Ouattara s’était offusqué que des journalistes européens insistent tant sur son troisième mandat controversé. Pour lui, les choses doivent se régler en Afrique suivant les us et coutumes de ce continent. Doit-on comprendre que l’Etat moderne standardisé et légué par les colonisateurs européens, la Constitution comme boussole pour toutes les institutions de la République et régissant leur fonctionnement, sont passés de saison en Côte d’Ivoire ? La gestion de ce troisième quinquennat d’Alassane Ouattara nous situera !

On sait que de nombreux opposants sont soit en prison soit en exil. On peut dès lors dire que l’ère qui s’est ouvert depuis le 31 octobre est fait de nombreuses incertitudes pour l’opposition ivoirienne, in fine pour le respect des droits de l’homme en Côte d’Ivoire.