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« Lame duck » : pourquoi traite-t-on actuellement le président des Etats-Unis de « canard boiteux »?

"Lame duck" : pourquoi traite-t-on actuellement le président des Etats-Unis de "canard boiteux"?

Dans le temps de la transition vers son successeur, le président américain est traditionnellement appelé “Lame Duck”, littéralement “canard boiteux » en français. Plus complètement dedans, et pas encore dehors, c’est un entre-deux où il peut pourtant encore prendre des décisions, souvent symboliques mais parfois graves

Le 20 janvier prochain, à midi, Donald Trump ne sera officiellement plus le président des Etats-Unis. Durant les deux mois et demi entre l’annonce de la victoire de Joe Biden le 7 novembre dernier (qu’il n’a toujours pas reconnue), et la fin de son mandat, il est donc toujours en fonction, avec des pouvoirs intacts.

Cette période intermédiaire est particulièrement surveillée, et dans le cas de Donald Trump, elle était déjà redoutée avant même le scrutin. Le président prend effectivement des décisions majeures, et qui engagent son successeur. Ainsi du retrait des troupes d’Afghanistan, un choix décisif pour le rôle des Etats-Unis dans la région. 

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Ainsi aussi des opérations de forage dans une réserve naturelle de l’Alaska, qu’il tient à finaliser avant de partir. On l’aura vu aussi limoger plusieurs membres de l’administration, dont son ministre de la Défense… et on attend la suite.

Ces décisions de dernière minute ne sont pas une nouveauté en elles-mêmes. La période est propice, pour un président qui n’a plus rien à perdre ni à gagner, à des décisions impopulaires ou particulièrement culottées. C’est aussi un moment que les présidents ont parfois utilisé pour fignoler l’héritage historique qu’ils laisseront au pays

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Prédécesseur de Donald Trump à la Maison Blanche, Barack Obama avait marqué les esprits en amnistiant près de 200 personnes. Et surtout, sans la “pardonner”, il avait réduit la peine de Chelsea Manning, permettant de facto sa libération. Considérée à gauche comme une lanceuse d’alerte, cette ancienne analyste militaire était vue par les Républicains comme traître à la patrie. 

Barack Obama avait agi intensément jusqu’aux tous derniers jours de sa présidence, déclenchant le financement d’un fonds pour le Climat, ou participant à un sommet Asie-Pacifique au Pérou. 

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Enfin, en phase avec la préoccupation d’héritage qui habite tous les présidents en fin de règne- aux Etats-Unis comme ailleurs- Barack Obama avait décrété monuments nationaux plusieurs sites du sud des Etats-Unis comme l’hôtel de Birmingham (Alabama) dont Martin Luther King avait fait son QG. 

A trois jours de la cérémonie d’intronisation de son successeur Donald Trump, il avait donné une dernière conférence de presse mémorable à la Maison Blanche, en forme de bilan de ses huit ans de mandat.

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