Home International Etats-Unis. Donald Trump limoge le “faucon” John Bolton

Etats-Unis. Donald Trump limoge le “faucon” John Bolton

Etats-Unis. Donald Trump limoge le “faucon” John Bolton

Le président américain a congédié mardi sans ménagement son conseiller à la sécurité nationale, partisan d’une ligne dure face à l’Iran et la Corée du Nord. Une décision qui ne surprend pas la presse américaine, tant leurs positions en matière de politique étrangère étaient différentes.

“J’ai informé John Bolton hier soir que nous n’avions plus besoin de ses services à la Maison Blanche”. C’est par ce tweet sec que Donald Trump s’est séparé mardi 10 septembre de son conseiller à la sécurité nationale John Bolton. Un limogeage spectaculaire dont les circonstances ont été rapidement contestées par le principal intéressé, rapporte USA Today. John Bolton a indiqué mardi qu’il avait proposé sa démission lundi soir au président et que ce dernier lui avait répondu : “Parlons-en demain”.

Bien que “les circonstances exactes du licenciement de Bolton demeurent obscures”, celui-ci intervient “immédiatement après l’effondrement des pourparlers de paix avec les Talibans qui avaient été invités à une réunion à Camp David avec Donald Trump”, note Foreign Policy“Bolton s’était opposé à la réunion, qui avait révélé de profondes divisions au sein de l’équipe de sécurité nationale du président”.

Néoconservateur connu pour ses positions très dures sur l’Iran ou l’Afghanistan, voire va-t-en-guerre contre la Corée du Nord, le départ de John Bolton “est logique”et “aurait dû avoir lieu il y a longtemps”, estime le comité de rédaction du Washington Post. “Idéologue rigide, M. Bolton est un partisan de longue date d’une action militaire contre les adversaires américains, ce à quoi résiste M. Trump. Il s’oppose aux négociations avec la Corée du Nord et l’Iran, alors que c’est l’instinct naturel du président américain”. Selon le quotidien américain, Donald Trump avait décidé de choisir John Bolton parce qu’il avait apprécié ses performances télévisées. “Résultat : le chaos qui caractérise la politique étrangère de l’administration s’est aggravé, laissant le président américain sans le moindre succès”.

Deux visions irréconciliables

Cette “éviction, à la veille de l’anniversaire des attentats du 11 septembre” montre “à quel point les débats sur l’Afghanistan et le Moyen-Orient continuent de dominer la politique étrangère américaine et de diviser le parti républicain près de deux décennies plus tard” souligne le Wall Street Journal. “Le départ de M. Bolton montre également que M. Trump a un appétit limité pour la confrontation au sein de l’aile ouest [de la Maison Blanche], où il attache une grande importance à la loyauté de ses collaborateurs et n’aime guère perdre son temps face à des gens intransigeants, une fois qu’il a identifié la voie à suivre”.

Pour Politico, le limogeage de Bolton illustre aussi le fait queDonald Trumpsemble avoir “de plus en plus confiance dans son propre jugement sur la sécurité nationale” et sa volonté de “concrétiser sa promesse de campagne” consistant à “réduire l’engagement américain à l’étranger”. En tant que “faucon”“Bolton voyait les choses différemment et n’en a jamais fait un secret. Les deux hommes sont restés fermes dans leurs convictions et le conflit s’est révélé irréconciliable” note le magazine.

Lire aussi:   Le président égyptien Sissi rencontrera Trump en avril

Le nom du successeur de Bolton “n’aura que peu d’importance”

Charles Kupperman, conseiller adjoint à la sécurité nationale et ancien responsable de l’administration Reagan, assurera l’intérim, a précisé mardi la Maison Blanche. Trump a annoncé qu’il nommerait un remplaçant pour Bolton la semaine prochaine. Selon CNN, une dizaine de noms circuleraient actuellement parmi lesquels ceux de Brian Hook, émissaire américain pour l’Iran et conseiller de Mike Pompeo.

“Parmi toutes les questions que suscite la défenestration de John Bolton, la moins intéressante est celle qui consiste à se demander qui lui succédera sur le parapet”estime le comité de rédaction du New York Times. Le choix du successeur de John Bolton “n’aura probablement que peu d’importance. Parmi tous ceux qui ont conseillé Trump jusqu’ici dans le domaine des affaires étrangères – généraux et magnats, professionnels chevronnés ou amateurs – tous se sont révélés impuissants face à un chaos qui aurait contrarié George Marshall” soulignent les journalistes.

Lire aussi:   CAN 2019: les Lions Indomptables et la chasse aux sorcières

COURRIER INTERNATIONAL

Source: Ici Abidjan

Commentaires Facebook