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En Afrique, la mortalité post-césarienne est 50 fois plus élevée que dans les pays riches

Une mère avec son nouveau-né dans un hôpital de Juba, au Soudan du Sud, le 20 février 2018.

Une mère avec son nouveau-né dans un hôpital de Juba, au Soudan du Sud, le 20 février 2018. Une mère avec son nouveau-né dans un hôpital de Juba, au Soudan du Sud, le 20 février 2018.
Une mère avec son nouveau-né dans un hôpital de Juba, au Soudan du Sud, le 20 février 2018. STEFANIE GLINSKI / AFP

Le taux de mortalité maternelle après une césarienne en Afrique serait 50 fois supérieur à celui des pays riches, selon une étude publiée vendredi 15 mars. Près d’une femme sur 200 est ainsi décédée après une césarienne, selon cette étude concernant près de 3 700 mères de 22 pays africains parue dans la revue médicale The Lancet Global Health. La mortalité maternelle est de l’ordre de 0,1 pour 1 000 opérations au Royaume-Uni, alors qu’elle atteint 5,43 pour 1 000 opérations pour les mères africaines étudiées.

Les femmes africaines ont présenté près de trois fois plus de complications pendant l’intervention chirurgicale que les femmes américaines, les saignements sévères, pendant ou suivant l’opération, représentant la complication la plus fréquente. « L’amélioration des résultats chirurgicaux de la césarienne pourrait considérablement réduire la mortalité maternelle et néonatale », estime le professeur Bruce M. Biccard, de l’Université du Cap (Afrique du Sud), qui a dirigé l’étude.

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Dans cette étude, 78,2 % des césariennes ont été faites en urgence. Et nombre de mères sont arrivées en chirurgie avec un risque préopératoire déjà élevé en raison de complications liées à la grossesse. Les mères qui ont des complications placentaires préopératoires, une rupture de l’utérus, des saignements avant la naissance, des saignements obstétricaux sévères au cours de la chirurgie et des complications de l’anesthésie sont plus susceptibles de mourir après ou au cours d’une césarienne.

Ces résultats s’inscrivent dans une vaste étude, baptisée African Surgical Outcomes Study, mesurant les résultats chirurgicaux de tous les patients opérés pendant sept jours dans 183 hôpitaux de 22 pays africains. Elle montre que les césariennes sont la chirurgie la plus courante et représentent en moyenne un tiers des interventions chirurgicales en Afrique, tandis que le taux de mortalité néonatale (avant 28 jours) après césarienne atteint le double de la moyenne mondiale.

« Paradoxalement, alors que de nombreux pays cherchent à réduire le taux d’accouchement par césarienne, son augmentation reste une priorité en Afrique, remarque le professeur Biccard. Améliorer l’accès à la chirurgie et la sécurité de cette procédure pourrait permettre aux patientes de se présenter plus tôt et d’éviter des complications et des décès. » Dans cette optique, il préconise une meilleure identification précoce du risque de saignement et une utilisation moins restrictive des traitements de l’hémorragie post-partum. Des produits sanguins de longue durée de conservation, ainsi qu’une aide en ligne ou via des applications mobiles aux non-médecins pratiquant des anesthésies, pourraient aussi contribuer à accroître les taux de survie.

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Le nombre de naissances par césarienne a quasiment doublé dans le monde en quinze ans, passant de 12 % à 21 % entre 2000 et 2015 et dépassant même 40 % dans quinze pays, selon une analyse parue en 2018 dans la revue médicale The Lancet. On estime entre 10 % et 15 % la proportion de césariennes absolument nécessaires pour des raisons médicales.

Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site « Le monde ». Ivoire Times n’est pas l’auteur de ce dernier.

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