Home International En Afrique du Sud, « même le Pape, on l’aurait corrompu »

En Afrique du Sud, « même le Pape, on l’aurait corrompu »

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LETTRE D’AFRIQUE

Cela fait neuf jours qu’il éclabousse large, et personne n’est épargné, pas même l’ex-président sud-africain, Jacob Zuma. Angelo Agrizzi ressemble à un gros ours aux petits yeux vifs et au poil blanc. Devant la commission Zondo, il expose la pratique quotidienne de la corruption qui a été la sienne, et touchait des responsables d’Afrique du Sud au plus haut niveau.

Pendant près de dix ans, il a agi dans le plus strict anonymat, comme directeur des opérations de Bosasa, une société de services peu connue du grand public. Désormais, il raconte tout. Comme un repenti de la mafia, il vit sous haute sécurité, au secret, et a été amené sous haute protection pour témoigner devant la commission Zondo, créée pour enquêter sur les conditions dans lesquelles, tandis que Jacob Zuma était le président de l’Afrique du Sud, la corruption à la tête de l’Etat s’est généralisée.

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Angelo Agrizzi est à la fois précis, presque méticuleux, et discrètement sardonique. Il n’exprime aucun remords, ne joue pas à la morale retrouvée. Mais sous son quadruple menton, il rumine des colères, des méchancetés, des ironies, comme lorsqu’il s’exaspère de la question qu’on lui pose à propos du versement d’un pot-de-vin, et qu’il est sommé de dire s’il s’agissait bien d’argent. « Oui, en billets de Monopoly », grince-t-il.

Bien sûr il s’agit d’argent authentique, en rands. Par gros paquets. Juste avant, on a découvert Gavin Watson, président-directeur général de Bosasa, son ex-chef, dans une vidéo filmée en cachette où il compte un énorme parpaing de billets. Ce dernier était, dans la description qu’il en fait, le responsable de la distribution des cadeaux, des pots-de-vin, de largesses diverses destinées à la fois à assurer le fonctionnement de Bosasa, et à assurer sa protection contre les poursuites.

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Etonnant personnage, ce Gavin Watson. Une famille de Blancs apparemment typiques : frères costauds, aimant le rugby mais, étrangement, opposés à l’apartheid. Pas le genre toutefois à prendre les armes, comme d’autres l’ont fait, mais, à tout le moins, décidés à jouer au rugby avec les enfants noirs des townships (c’était interdit).

Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site « Le monde ». Ivoire Times n’est pas l’auteur de ce dernier.

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