Home International En Afrique du Sud, le ministre des finances vaut bien un rap

En Afrique du Sud, le ministre des finances vaut bien un rap

Extrait du clip « Tito Mboweni », de Cassper Nyovest, vu plus de trois millions de fois sur YouTube.

Extrait du clip « Tito Mboweni », de Cassper Nyovest, vu plus de trois millions de fois sur YouTube. Extrait du clip « Tito Mboweni », de Cassper Nyovest, vu plus de trois millions de fois sur YouTube.
Extrait du clip « Tito Mboweni », de Cassper Nyovest, vu plus de trois millions de fois sur YouTube. CAPTURE D’ÉCRAN WEB

Au pays de Nelson Mandela, les ministres des finances ont tendance à valser : en cinq ans, pas moins de sept personnes se sont succédé à ce poste périlleux pour une économie en crise. Mais avec Tito Mboweni, nommé en octobre 2018 à la suite de la démission de son prédécesseur, impliqué dans une affaire de corruption, le changement de style est radical : le nouveau titulaire n’a rien de moins qu’un morceau de rap à son nom.

L’auteur en est Cassper Nyovest, célébrité et rappeur en vue en Afrique du Sud. A sa sortie, en 2017, son titre Tito Mboweni est devenu un tube incontournable en boîte de nuit. Avec la nomination, un an plus tard, de Tito Mboweni aux finances, la chanson a trouvé un second souffle inattendu. En quelques heures, le clip a dépassé les trois millions de vues sur YouTube, se hissant au sommet des classements musicaux.

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Trait d’union surprenant entre le monde du rap et celui de la politique, le texte en lui-même n’est pas d’un « génie lyrique flagrant », remarque le site News24. Ode à l’argent et au succès, voitures de luxe, grosses chaînes en or et liasses de billets, le clip respecte tous les codes du genre. Le refrain du morceau se limite à une répétition du nom du ministre, entrecoupée d’un « sha, sha » devenu emblématique. Si Tito Mboweni est honoré de la sorte, c’est parce qu’il était gouverneur de la banque centrale sud-africaine de 1999 à 2009, et qu’il est, à ce titre, le premier Sud-Africain noir à avoir sa signature sur des billets de banque.

Bon public, Tito Mboweni avait, au moment de la sortie du morceau, demandé, par le biais de Twitter, à Cassper Nyovest de verser de l’argent à l’hôpital pour enfants Nelson-Mandela. Particulièrement agile sur le réseau social, l’ancien ministre du travail dans le premier gouvernement de Nelson Mandela a même demandé en plaisantant au trublion d’extrême gauche Julius Malema de négocier des royalties en son nom. Un geste transpartisan particulièrement commenté, alors que Julius Malema a plutôt l’habitude de tirer à boulets rouges sur le parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC).

De son côté, l’artiste de 28 ans, Refiloe Maele Phoolo de son vrai nom, s’est réjoui du succès renouvelé de son tube. Il a vu le moyen de faire taire les railleries sur sa piètre qualité. Selon les médias sud-africains, Cassper Nyovest s’est imposé en 2018 comme le rappeur de l’année, nommé parmi les « 30 de moins 30 ans » qui comptent en Afrique, d’après le magazine Forbes. Un brin mégalomane, il médiatise ses clashs avec le chanteur sud-africain AKA, et n’a pas hésité à faire enregistrer comme marque déposée le mot-dièse #fillup (« on fait le plein »), alors qu’il s’est donné pour défi de remplir des stades entiers lors de ses concerts.

Tito Mboweni, lui, n’a pas réagi lorsque les chaînes nationales et internationales d’information ont passé le hit à son nom en boucle à l’annonce de sa nomination, par ailleurs saluée par les milieux d’affaires. Avec une économie au bord de la récession, le nouveau ministre, défenseur de l’orthodoxie financière, avait certainement plus urgent à faire.

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Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site « Le monde ». Ivoire Times n’est pas l’auteur de ce dernier.

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