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Elhadj « sans loi » répond à Alpha Condé et prévient : « Je n’aime pas la foutaise… »

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Elhadj "sans loi" répond à Alpha Condé et prévient : "Je n'aime pas la foutaise..."

Elhadj Ousmane Baldé « sans loi », l’un des plus grands opérateurs économiques du pays, fustige « l’acharnement » dont il fait l’objet de la part de l’Etat guinéen qu’il accuse d’agir de façon purement ethnique à son encontre.

Alors que tous ses baux tant à Conakry qu’à Kindia ont été résiliés, l’opérateur économique promet qu’il ne se laissera pas faire. Le président de la coordination des Foulbhés et Haali poular de Guinée dément n’avoir pas respecté les clauses du contrat et défend le gouvernement de fournir des preuves. Ce notable du pays répond également à Alpha Condé qui menace de casser le monopole du commerce. Ce n’est pas tout. Il assure que ses ennuis viennent de son opposition affichée contre le troisième mandat. Interview exclusive.

AFRICAGUINEE.COM : L’Etat guinéen vous reproche de n’avoir pas honoré les clauses de vos différents contrats de baux et annonce leur résiliation. Comment réagissez-vous ?

ELHADJ OUSMANE BALDE « SANS LOI » : Personnellement, je n’ai pas compris comment le gouvernement d’Alpha Condé peut dire que je n’ai pas respecté les clauses du contrat. Il se pourrait que ça soit ainsi, tout comme ça pourrait ne pas être le cas. Vous savez que le contrat de bail c’est une évolution, c’est dans le temps. On réalise petit à petit, ce n’est pas tout d’un coup. A Kindia là où il dit que je n’ai pas respecté le contrat, c’est tout simplement parce que je n’ai pas fini de construire ce qu’on s’était convenu. Mais, le domaine qui est déjà construit est plus grand que ce qui en reste. Quand l’Etat m’a dit que mon contrat est résilié, je lui ai dit que le bail ce n’est pas comme cela que ça marche. Normalement, si le bail n’est pas exécuté, on donne un délai de 2 ans ou plus pour dire à l’intéressé de finir les travaux. Et si ce délai expire sans que le travail ne soit fait, en ce moment, on peut le lui retirer. Mais, on ne peut pas se lever un beau matin pour dire que je retire un contrat de bail de 60 ans.   

Quelles pourraient être les conséquences d’une telle décision pour vous ?

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Les conséquences sont nombreuses non seulement pour la personne physique ou morale qui a contracté le bail, mais aussi pour l’Etat. Si un Etat se lève comme ça et agit en dehors de la loi, en faisant tout ce que bon lui semble, dans un pays comme cela, il n’y aura pas de développement. Un Etat qui veut développer son pays doit soutenir les opérateurs économiques, leur faciliter le travail. C’est ce qui va favoriser un bon climat des affaires.

A vous entendre, c’est comme si l’Etat est en porte à faux vis-à-vis de la loi. S’agit-il de cela ?

L’argument avancé par l’Etat en disant que je n’ai pas fini le travail peut être vrai. Mais dire que je ne peux pas, c’est à moi de le dire.  On travaille petit à petit. Pour construire une maison il y a des étapes. Ce n’est pas le jour du tracée qu’on va terminer de construire la maison. On a construit un immeuble R+1 sur 5000 mètres carrés, plus une mosquée. Vraiment, l’Etat ne peut pas dire qu’on n’a rien fait. La fondation des bâtiments c’est pour 4 étages (R+4), mais nous avons réalisé jusqu’à R+2. Alors que le contrat de bail dit que c’est un étage R+1, plus la charpente.

Je ne peux pas prendre l’argent dans les banques auxquelles je devrais payer des intérêts énormes. Des intérêts qui sont supérieurs à ce que je pourrais gagner dans le bail. (…) Nous payons correctement les taxes et les impôts au trésor public. Je ne dois rien à l’Etat. Donc, je ne comprends pas comment on peut dire que je ne respecte le contrat de bail.

Avez-vous engagé des démarches auprès des autorités ?

Cela fait 6 mois depuis que les autorités ont commencé à évoquer le contrat de bail. Je leur ai écrit pour leur demander qu’on m’accorde un délai de 2 à 3 ans pour me permettre de finaliser le reste. Au lieu de m’accorder ce délai, leur réponse a été de me dire qu’elles ont déjà fini de faire la saisie et qu’elles ne reviendraient pas sur leur décision. Ce qui veut dire que l’Etat a décidé de confisquer mes biens.  Je suis citoyen guinéen. Je ne déteste pas que l’Etat me confisque mes biens. Mais je n’aime pas la foutaise, qu’on me manque du respect. Le gouvernement est en train d’agir de façon purement ethnique. Il ne veut pas que les gens disent la vérité. Quiconque dit la vérité, dénonce ce qui se passe dans le pays, l’Etat lui crée des ennuis. Je suis victime de ça. C’est ce dont je suis en train de subir.

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Voulez-vous dire que vos ennuis viennent de votre opposition au 3e mandat ?

Tout à fait. Ce qui a fait qu’on nous a gazés pendant 24 heures à Tanéné dans Dubréka alors que les coordinations de 4 régions du pays étaient réunies chez le Kountigui de la Basse Côte, c’est ce qui aujourd’hui fait que l’Etat est en train de résilier mes contrats. En réalité, ma position contre le 3e mandat est la principale cause de cet acharnement pour retirer mes biens.

En quelle et dans quelle condition avez-vous obtenu ces baux ?

J’ai obtenu ce contrat de bail au temps de Lansana Conté. J’ai tous les documents qui le prouvent. Le bail de Kindia c’était pour 60 ans. A Matam, c’est n’est pas un bail.  J’ai acquis le domaine en le rachetant avec mon propre argent. Il y avait même eu un décret présidentiel qui l’atteste. Depuis tout ce temps, j’avais occupé les lieux et je n’avais jamais eu de problème. Sauf cette année quand je suis devenu président de la coordination des Foulbhés et Haali poular de Guinée.

Alpha Condé affirme pourtant qu’au temps de Conté vous ne payiez pas des taxes et que sur vos importations c’était toujours indiqué « PRG » (présidence de la République). Que répondez-vous ?

Ce n’est pas vrai. Vous savez que chaque société détient ses références. Je n’ai jamais travaillé avec la présidence. Mes importations je les ai toujours faites à travers ma société Baldé&Motors. Donc, s’il vérifie et qu’il trouve que je n’ai pas payé qu’il réclame la taxe. Je n’ai jamais travaillé avec l’administration ni au temps de Conté, ni à son administration à lui qui m’accuse de n’avoir pas payé des taxes. Je suis quelqu’un qui a en horreur haram (illicite). Je ne manger ce qui appartient aux citoyens.

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A Kankan, le chef de l’Etat a promis de casser le monopole des commerçants qui ferment leurs magasins pendant les manifestations pour affamer la population. Qu’en dites-vous ?

Je pense qu’on va le laisser pour observer comment il va le faire. Puisque c’est quelqu’un qui a une usine qui va dire qu’il va casser le monopole. Tu n’as d’usine et tu n’es pas avec le propriétaire d’une usine, il faut savoir que le commerce mondialement est autonome. Quiconque respecte les conditions peut faire ses affaires partout. En Guinée, il n’y a pas de monopole. Tous les Guinéens sont des détaillants. Aucun d’entre eux ne détient des moyens de base pour faire une opération commerciale ou industrielle.

Pouvez-vous nous estimez les pertes occasionnées par la résiliation de vos contrats ?

Je ne suis pas perdant dans cette affaire. J’ai mes 80 ans. J’ai vécu correctement. Tous les gouvernements depuis au temps de Sékou Touré, j’ai toujours travaillé ici sans trouver des ennuis. La Guinée, c’est mon pays. Personne ne s’est plaint contre moi et je ne me suis plaint contre personne. C’est seulement ce gouvernement-là qui m’a menacé.

Plus de 1000 commerçants sont menacés d’expulsion dans le « centre-commercial sans loi » à Kindia. Comment observez-vous cette situation ?

L’Etat est en train de faire un abus de pouvoir contre les commerçants qui sont dans le centre commercial à Kindia. Ce ne sont que des locataires pourquoi l’Etat les mettrait-il dehors pour dire qu’il va démolir l’immeuble ? Pour quelle raison le gouvernement va détruire alors qu’il est incapable de construire ?  S’il ne peut pas construire pour les populations, qu’il les laisse là où ils sont. Le problème c’est entre l’Etat et moi.

Normalement, les plus de 2000 commerçants qui travaillent dans le centre ne sont en rien concernés. Si vraiment, l’Etat a le souci de sa population, il ne devrait la laisser tranquille dans son milieu de travail. Si le gouvernement actuel confisque mes biens, un jour, quelqu’un d’autre viendra et qui va me les restituer. Ainsi va la vie, rien n’est éternel.

Source: Africaguinee