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Ce qu’il faut attendre des 100 premiers jours de Joe Biden à la Maison-Blanche

Ce qu'il faut attendre des 100 premiers jours de Joe Biden à la Maison-Blanche
Ce qu'il faut attendre des 100 premiers jours de Joe Biden à la Maison-Blanche

Le président démocrate aura fort à faire dès le début de son mandat face à la crise sanitaire et ses conséquences économiques. Il pourra toutefois compter sur la majorité démocrate au Congrès pour faire voter quelques lois emblématiques.

Les 100 premiers jours d’un mandat donne le «la» d’une présidence. Il y a quatre ans, dans les jours qui ont suivi son entrée à la Maison-Blanche, Donald Trump annonçait la renégociation de l’Alena à ses pays voisins, lançait son projet de construction d’un mur à la frontière mexicaine avant de signer un décret présidentiel interdisant l’entrée aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane. En tout, le républicain avait signé 24 décrets présidentiels dans les trois premiers mois de son mandat, la plupart visaient l’héritage laissé par Barack Obama. L’équipe de transition de Joe Biden prépare ce moment depuis plusieurs mois. Ce dernier aura fort à faire face à l’immensité de la tâche qui l’attend. Le président élu, qui prendra possession de la Maison-Blanche le 20 janvier, se retrouvera dès le début de son mandat aux prises avec une crise sanitaire sans précédent. Comme ses prédécesseurs, le démocrate devrait toutefois profiter de ses 100 premiers jours à la tête des États-Unis pour concrétiser quelques promesses symboliques, bien aidé par la majorité démocrate récemment acquise au Sénat.

Plus de 100 millions de doses de vaccins injectées

Dans les jours qui ont suivi l’élection, Joe Biden a immédiatement érigé la lutte contre la pandémie en priorité absolue, annonçant la création d’une «task force» contre le Covid-19. Celle-ci était chargée d’élaborer un plan à mettre en œuvre dès sa prise de fonction. Celui-ci prévoit notamment d’ordonner le port du masque dans les lieux sur lesquels Washington a autorité – à savoir les bâtiments fédéraux, les trains, avions et bus assurant les transports entre États américains. Une façon de se démarquer de son prédécesseur qui s’y est toujours refusé. Le futur locataire de la Maison-Blanche espère entraîner dans son sillage les gouverneurs et maires du pays. Il s’est aussi fixé pour objectif l’injection de 100 millions de doses de vaccins dans les 100 premiers jours de son mandat : «la campagne de vaccination la plus efficace de l’histoire américaine», promet-il. Le démocrate, qui doit dévoiler jeudi les contours de son plan, s’est dit favorable à une distribution immédiate de toutes les doses disponibles, plutôt que d’effectuer la rétention de la moitié des doses pour les secondes injections. Le démocrate s’est engagé à rouvrir sous trois mois les écoles du pays.

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Un nouveau plan de relance massif

En raison de la pandémie, Joe Biden va par ailleurs hériter d’une économie délabrée. En décembre, 140.000 emplois ont encore été perdus. Le taux de chômage stagnait, lui, à 6,7% – il était de 3,5% avant la crise. Le président élu s’est engagé à lancer un nouveau plan de relance. Il a annoncé vouloir créer 3 millions d’emplois «bien payés», notamment grâce aux technologies, les voitures électriques et les énergies vertes. Le plan devrait également permettre aux autorités locales et nationales de maintenir l’emploi des éducateurs, policiers, pompiers, agents de santé publique. Joe Biden pourrait faire approuver une augmentation de l’aide financière à 2000 dollars pour chaque Américain, une mesure jusque-là bloquée par le chef des républicains au Sénat, Mitch McConnell. Il sera précisé dans les prochains jours. Son adoption devrait être facilitée par la majorité dont dispose désormais le Parti démocrate au Congrès. Le montant total de l’enveloppe n’est pas encore connu mais, à croire le futur président, les 900 milliards de dollars débloqués au forceps fin 2020 n’étaient qu’un acompte.

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Le retour dans le giron de l’accord de Paris

Le démocrate pourrait rapidement s’appliquer à détricoter l’héritage de son prédécesseur ces quatre dernières années, notamment en matière de lutte contre le changement climatique. Le président élu a notamment promis de revenir dès le premier jour de son mandat dans l’accord de Paris de 2015 que son pays a officiellement quitté au lendemain de l’élection. Ce retour sera a priori effectif le 19 février. Il devrait dans un premier temps rétablir les quelque 80 règles environnementales que Donald Trump a dérégulées ou encore arrêter la construction de l’oléoduc Keystone XL que son prédécesseur a relancée. La plupart de ces décisions n’avaient pas été prises avec l’onction du Congrès, les décrets présidentiels du républicain pourront être facilement déchirés par la nouvelle administration. Les efforts de cette dernière pourraient toutefois être contrariés par d’interminables contestations devant la justice à laquelle le président sortant a lui-même été confronté. À plus long terme, le démocrate s’est fixé comme objectif la neutralité carbone en 2050, ce qui implique cette fois de passer par le Congrès.

Quelques lois emblématiques

Le président pourra par ailleurs compter sur la majorité démocrate au Sénat – en tenant compte de la voix cruciale dont dispose la future vice-présidente Kamala Harris – pour concrétiser plusieurs de ses promesses de campagne. Celle-ci prendra effet le jour même de son investiture. Donald Trump et Barack Obama ont tout deux connus cette configuration au début de leur mandat. Le premier en a profité pour faire adopter 29 lois dans les 100 premiers jours de son mandat, quand le second en a signé 14. Son ancien vice-président devrait pour sa part rapidement avancer sur l’augmentation du salaire minimum à 15 dollars de l’heure. Il s’y est de nouveau engagé la semaine dernière. Il pourrait par ailleurs alléger la dette des étudiants et étendre, la grande réforme du système de santé Obamacare, que l’administration républicaine a tenté d’amoindrir, en créant notamment une nouvelle option de système d’assurance-santé géré par le secteur public, qui concurrencerait les assureurs privés.

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L’Amérique «prête à guider le monde»

Sur la scène internationale, l’arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche va sonner le retour d’une Amérique «prête à guider le monde», pour reprendre des mots prononcés par l’intéressé. Mais sur ce point, les changements pourraient se faire attendre. Parmi les premiers dossiers qu’il aura à régler au début de son mandat : la prolongation ou non du traité de désarmement nucléaire New Start signé avec la Russie. Celui-ci expire le 5 février. Washington et Moscou se disputent sur les termes de son renouvellement. Autre sujet épineux, le sauvetage de l’accord sur le nucléaire iranien. Les autres signataires comptent sur Joe Biden pour revenir à ce texte, après tous les efforts de l’Administration Trump en vue d’y mettre fin. Joe Biden s’y est engagé à retourner dans l’accord tout en posant des conditions inacceptables pour l’Iran. Enfin, sur le dossier chinois, l’Administration Biden ne devrait pas infléchir sérieusement la politique commerciale américaine. Début décembre, Joe Biden avait lui-même souligné son intention de rester ferme avec la Chine en faisant front commun avec ses alliés historiques tels que l’Union européenne.