Home International Botswana : la justice examine une demande de dépénalisation de l’homosexualité

Botswana : la justice examine une demande de dépénalisation de l’homosexualité

Lors de la Gay Pride de Durban, en Afrique du Sud, le 30 juin 2018.

Lors de la Gay Pride de Durban, en Afrique du Sud, le 30 juin 2018. Lors de la Gay Pride de Durban, en Afrique du Sud, le 30 juin 2018.
Lors de la Gay Pride de Durban, en Afrique du Sud, le 30 juin 2018. RAJESH JANTILAL / AFP

La Haute Cour du Botswana a commencé à examiner, jeudi 14 mars, une requête visant à dépénaliser l’homosexualité, dans une affaire qui pourrait faire date en Afrique, où les relations entre individus du même sexe sont largement criminalisées.

Le Botswana est considéré comme l’un des pays africains les plus démocratiques. Pourtant, l’homosexualité y est interdite par le code pénal de 1965. Un demandeur anonyme conteste deux articles de ce code en vertu desquels les relations homosexuelles sont passibles d’une peine pouvant aller jusqu’à sept ans de prison.

« Ces articles […] m’empêchent d’avoir des contacts avec d’autres personnes qui s’identifient de la même manière, de crainte d’être emprisonné », déclare ce requérant, identifié seulement par les initiales LM, dans des documents lus par l’avocat Gosego Lekgowe à la Haute Cour à Gaborone. « Nous ne cherchons pas à ce que les gens soient d’accord avec l’homosexualité, mais à ce qu’ils soient tolérants », ajoute-t-il. Abroger les textes concernés aiderait les gays et les lesbiennes à avoir accès plus facilement aux soins et « affirmerait aussi les droits humains de base et la diversité de la nation du Botswana », fait valoir le requérant.

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Le Botswana est lentement devenu plus tolérant à l’égard de l’homosexualité ces dernières années. En 2016, la justice a ainsi jugé que le ministère de l’intérieur avait tort de refuser d’enregistrer Legabibo, l’organisation des lesbiennes, gays et bisexuels du Botswana. L’opinion publique aussi a évolué au sujet de l’homosexualité, et les lois sur l’emploi interdisent toute discrimination fondée sur l’orientation sexuelle, a souligné Me Lekgowe.

Le président botswanais, Mokgweetsi Masisi, s’est exprimé sur le sujet, en décembre, au cours d’une réunion sur la violence fondée sur le genre. Il y a « beaucoup de personnes du même sexe dans ce pays qui ont été violées et qui ont également souffert en silence, a-t-il déclaré. Tout comme les autres citoyens, elles méritent que leurs droits soient protégés. »

Selon Neela Ghoshal, spécialiste des droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres au sein de l’ONG Human Rights Watch, 28 des 49 pays d’Afrique subsaharienne ont des lois criminalisant les relations homosexuelles. La peine de mort est prévue par la charia en Mauritanie, au Soudan et dans le nord du Nigeria, mais on n’a connaissance d’aucune exécution ces derniers temps. Dans le sud de la Somalie, des homosexuels auraient été mis à mort dans une zone contrôlée par le groupe djihadiste des Chabab.

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L’Angola, le Mozambique et les Seychelles ont abrogé des lois antigays ces dernières années, et la Haute Cour de Nairobi réfléchit à la question de savoir si le Kenya suivra ce mouvement. Quant à l’Afrique du Sud voisine, sa Constitution interdit toute discrimination fondée sur l’orientation sexuelle.

Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site « Le monde ». Ivoire Times n’est pas l’auteur de ce dernier.

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