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Quand Katy l’ivoirienne découvre que son homme, un chinois, vend gnonmi, elle demande le divorce.

Quand Katy l'ivoirienne découvre que son homme, un chinois, vend gnonmi, elle demande le divorce.
Quand Katy l'ivoirienne découvre que son homme, un chinois, vend gnonmi, elle demande le divorce.

LE CHINOIS QUI VEND GNONMIS

             Belle femme ivoirienne, le rêve de Katy était à tout prix de se mettre en couple avec un blanc. Mais pas n’importe lequel. Il fallait qu’il soit riche. Pas facile d’en trouver à Abidjan. Les toubabous, de plus en plus rares, n’étaient pas des cœurs à prendre non plus lorsqu’elle en rencontrait…

      À 36 ans, n’ayant plus tellement le choix, la jeune femme s’apprêtait à céder aux avances d’un mauritanien lorsqu’au même moment, contre toute attente, un chinois se dressa dans la liste de ses prétendants. L’ homme aux yeux minuscules s’exprimait correctement en français. Il s’y connaissait même en argot ivoirien. Katy accepta ses invitations à sortir, l’étudia longtemps avant de prendre la décision de s’engager avec lui. 

     En couple avec l’asiatique, elle regretta de n’avoir pas tôt cédé à ses avances. L’ homme l’avait logée dans une luxueuse résidence de Cocody, digne d’un palace hollywoodien. Katy, vivant comme une princesse qatarienne, avait tout à sa disposition. Si elle ne faisait pas les shoppings, elle restait à la maison pour regarder la télévision. À la tombée de la nuit, quand son homme rentrait du travail, elle l’accompagnait dans la chambre où ils s’amourachaient jusqu’au matin. À 47 ans, Lwitchingchong était plus performant qu’un ivoirien de 24 ans ! Comblée sur tous les plans, Katy prenait plaisir à vanter les qualités de son chinois auprès de sa meilleure amie :

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– Eh oui, Fati, je cherchais un blanc, mais Dieu m’a donné un bon chinois. C’est pas chinois chinetok hein, c’est chinois maison mère. Riche, bon boulot, il est super excellent au lit jusqu’à même africain même peut pas !

– Fhumm ma jumelle, Dieu t’a vraiment bénie dèh ! s’émerveillait Fati.

       Un jour que Katy regardait la télé, elle tomba sur une émission consacrée à l’entrepreneuriat. L’ homme qui faisait l’objet du reportage était un chinois qui vendait des gnonmis à Abobo gare. Même si les chinois se ressemblaient tous, elle était certaine de reconnaître le sien parmi des milliers ! On présentait l’Asiatique comme un excellent modèle de leadership. À lui tout seul, il avait créé un espace où les gens venaient par centaines, s’acheter des beignets. Assis lui même à la partie technique la main dans la poêle et la cuvette, il attirait tant la curiosité que ses gonmis finissaient aussitôt qu’il les exposait. Katy n’en revenait pas que ce vendeur de beignet fût son Lwitchingtchong. Suivant les indications du reporter relatives à la situation géographique du gnonmidrôme, elle sortit rapidement de chez elle, grimpa dans le premier taxi. Moins de trente minutes plus tard, elle était au rond point de la commune  »russe ». Au carrefour de la mairie, elle descendit, demanda des renseignements à des passants, puis longea le trottoir dans le sens de la gendarmerie… Elle n’eut aucune difficulté à trouver l’espace de commerce de son homme, assis derrière son feu, en plein air, sur la voie publique. Le chinois avait la main allant entre sa cuvette de farine et la poêle, entouré d’une multitude de clients. Katy bouscula la foule et se présenta au vendeur, rageuse :

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– C’est ce que tu fais à Abidjan, Lwitchingtchong ?

   L’ homme la regarda les yeux grandement ouverts :

– Oui chérie, c’est mon entreprise. Mais pourquoi cette tête ?

– Écoute, tu ne m’as jamais dit que tu vends gnonmis, sinon je n’aurais jamais accepté de vivre avec toi. Tu me vois, moi, si belle et si classe, avec un vendeur de gnonmi ?

– On en reparle tranquillement à la maison, laisse-moi travailler pour l’instant…

– De toute façon, tu ne me verras plus ! Ciao !

  Le soir, quand Lwitchingtchong rentra, sa femme avait emporté tous ses bagages. Décidément, l’homme avait du mal à comprendre les femmes africaines. Pour elles, fallait-il absolument être en costume et travailler dans un bureau climatisé pour être digne d’être un bon mari ? Il avait quant à lui quitté Pékin pour tenter l’aventure en Côte d’Ivoire. Très vite, il avait compris qu’il lui fallait s’appuyer sur les mets préférés des ivoiriens pour pouvoir créer sa richesse, tout en se servant de la curiosité que susciterait la couleur de sa peau. Lwitchingtchong avait choisi Abobo comme quartier général en raison de sa forte population russe connue pour être une grande consommatrice de gnonmis. Intelligent, il avait su cerner la psychologie de l’Ivoirien.

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      Trois mois après qu’elle eut laissé son asiatique, ne trouvant pas mieux, Katy fut habitée par des remords et des regrets. Faisant fi de son orgueil, elle répartit au domicile du chinois en vue de lui présenter ses excuses. Elle trouva Fati dans la maison de son ex. Sa meilleure amie, là ? Habillée et installée comme une femme au foyer ? Curieux…

   Katy ne comprenait pas. Fati, en couple avec Lwitchingtchong ? Un journal traînait sur le sofa. La repentie l’explora du regard. À la une, le chinois était présenté avec Fati, dans une photo près de la poêle de gnonmis. On titrait : « Une ivoirienne rejoint son chinois dans la vente de gnonmis. »

       Katy, très en colère, demanda à sa camarade malgré tout, dans un calme fragile :

– Mais attends, dois-je comprendre que tu m’as volé mon homme, toi, ma meilleure amie ?

 – Katy, répondit Fati très décontractée, QUAND QUELQU’UN LAISSE, QUELQU’UN PREND !

Louis-César BANCÉ

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