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Commise au dédouanement de marchandises ; une transitaire disparaît avec les six millions de F Cfa d’un officier de police

Il doit certainement maudire le jour où son chemin a croisé celui de dame Yapo Attin Pélagie, transitaire de son état. Celle-ci lui a ravi la somme de près de six millions de F Cfa, avant de se fondre dans la nature. Lui, c’est l’officier de police, à qui nous attribuons les initiales B.S.

De fait, selon les informations mises à notre disposition, au cours de l’année 2015, l’officier B.S. acquiert un véhicule depuis l’Europe. Il s’agit d’un véhicule de marque Hyundai, de type Santafé. Cette voiture qu’il attend impatiemment, il est maintenant question pour lui, de la faire acheminer sur Abidjan. L’homme qui brûle d’envie de se caler au volant de sa « caisse », songe déjà à son dédouanement, une fois qu’elle arrive au Port autonome d’Abidjan. A cet effet, un de ses amis le met en contact avec dame Yapo Attin Pélagie, une transitaire qu’il présente comme compétente en la matière.

Nous sommes le 14 novembre 2015, quand l’officier de police et la transitaire se rencontrent pour discuter affaire. Bien entendu, dans le cadre du dédouanement de la voiture. Et rapidement, les deux parties se mettent d’accord sur les termes du contrat. Suite à cela, séance tenante, la dame-transitaire demande et obtient de son désormais client, la somme de 260 000 F Cfa. Somme devant couvrir, selon elle, les frais d’ouverture du dossier de transit de Côte d’Ivoire logistique et de la vignette. En tout cas, tous deux consentent à prendre toutes dispositions, pour ne pas avoir à gérer une situation de surprise désagréable, face à l’administration. Au même moment, le flic remet également à la femme, l’originale de la carte grise du véhicule. Et cela, en présence de leur ami commun, qui les a mis en contact.

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Plus tard, soit le 5 janvier 2016, le bateau sur lequel se trouvent les affaires de B.S. accoste au port d’Abidjan. Mais, ce n’est que plus d’un mois après, soit le 8 février 2016, que l’agent de police est saisi de l’arrivée du container, renfermant ses biens. A son tour, il informe la dame transitaire. Cette dernière explique qu’avec le retard enregistré, les charges de surestaries et les frais d’aconage du container se sont élevés. Et la transitaire, brandissant un document avec tous les détails, explique que les frais s’élèvent désormais à un peu plus de trois millions de F Cfa.

Selon elle donc, il faut 3 051 000 F Cfa pour freiner la saignée des taxes. Puis, d’indiquer à son client, au regard d’un document qu’elle lui montre, que le délai de rigueur pour payer ces frais est pour la date du 20 février 2016. Pas plus. Dame Pélagie Yapo propose à son client de flic, de s’exécuter dans la possibilité de ses moyens, en payant lui seul, toutes ces taxes. Toutefois, il ne doit pas dépasser le délai de rigueur, au risque de voir ses biens vendus aux enchères. Quitte à ce que les propriétaires des autres biens, contenus dans le conteneur, lui remboursent.

 

Grugé et endetté

Dos au mur, B.S. qui, en réalité, ne devrait débourser seulement qu’un peu plus d’un million de F Cfa, pour s’acquitter de tous ses frais, contrairement à ce que la dame lui dit, se jette à l’eau. Surtout que les propriétaires des autres biens, à travers un document signé et authentifié, lui donnent plein pouvoir, pour vendre leurs marchandises, afin qu’il récupère ses sous. Et ces marchandises-là sont, notamment, deux véhicules. Le flic qui rêve d’être au volant de sa Hyundai Santafé, se démène comme il peut, avec des emprunts par-ci, par-là, auprès de sa femme et de ses frères, pour réunir la somme d’argent. Ainsi, le 19 février 2017, il remet à la transitaire, la somme d’argent exigée par cette dernière. A savoir, 3 051 000 F Cfa. Plus tard, dame Yapo Pélagie rassure son client, que tout est désormais réglé. Mais lorsque que B.S. demande à entrer en possession du reçu du paiement des sous, la transitaire rétorque qu’il fallait, d’abord, procéder au dédouanement proprement dit, afin qu’elle lui remette tous les documents au grand complet. Et de fixer le montant de cette autre opération, à 1 030 000 F Cfa (pour le container en question).

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Le 1er avril 2017, le flic, toujours dans le souci d’entrer en possession de son véhicule et de ses autres affaires, arrivés dans le conteneur, remet une fois de plus ce pognon, à la transitaire. Il est tout heureux que tout soit désormais rentré dans l’ordre. Mais alors qu’il brûle d’envie de retrouver enfin ses marchandises, la transitaire disparaît de la circulation. Et cela, sans même mettre à sa disposition, le moindre document pouvant lui permettre d’entrer en possession de ses biens. Lorsque le pauvre tente de la joindre au téléphone, ce n’est plus possible. L’officier de police comprend alors, qu’il s’est proprement fait niquer par cette transitaire en laquelle, il avait pourtant placé toute sa confiance. B.S. saisit la police. Mais la convocation qu’il devrait remettre à la mise en cause, courant juin 2016, jaunira dans ses mains.

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Saisi de ce dossier, courant novembre 2016, nous tentons pour notre part, d’avoir la version des faits, de dame Yapo Pélagie. Et pour cela, nous la joignons au téléphone. Et là, elle décroche. Mais c’est pour nous dire qu’elle se trouve au Ghana. Et que dès son retour, elle prendra attache avec nous, pour donner sa version des faits. Tout en soulignant que, si elle se retrouve dans cette situation délicate, c’est parce qu’elle avait cru bien faire d’arranger le flic. Après deux semaines de vaine attente, nous la relançons. Cette fois, elle nous indique avoir trouvé un accord avec l’un de ses frères, afin de vider le dossier, en désintéressant l’officier de police.

Mais apparemment, ce n’était que diversion. D’ailleurs, d’autres personnes nous joignent, pour nous expliquer avoir, elles aussi, été victimes d’abus de confiance de la part de la même dame. Et toujours, avec le même procédé qu’avec B.S. De nombreuses plaintes du reste, contre la transitaire, meublent les bureaux de la police, sans que celle-ci ne parvienne, jusque-là, à mettre la main sur elle. Notons que depuis le 18 août 2017, toutes nos autres tentatives, pour rentrer en contact avec dame Yapo Attin Pélagie, sont restées vaines. Son téléphone indiquant, qu’elle est constamment en ligne(?). Ou simplement, elle ne décroche pas, lorsque nous tentons de la joindre à partir d’autres numéros. Bien curieux. Notons que la transitaire est activement recherchée par la police.

 

Madeleine TANOU

 

Source : L’infodrome

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