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Affaire « un père de famille se pend dans sa douche » : La mère de ses enfants, gravement accusée, réagit et livre des secrets

Le vendredi 11 août 2017, un tragique fait s’est produit au quartier Koweït, dans la commune de Yopougon. Un père de famille s’est donné la mort par pendaison, dans sa douche. Il s’agit de Bahi Déabo Benjamin, un jeune employé de commerce, âgé de 35 ans.

Mais avant de se suicider, l’homme a laissé une missive dans laquelle il justifie son acte, par la mise en cause de la mère de ses enfants (deux filles, âgées de 13 et 11ans), qui lui pourrirait la vie. Et qui l’empêcherait de vivre pleinement son amour avec sa nouvelle dulcinée ( Cf Soir Info du jeudi 17 août 2017). Une lettre à la base de toute une polémique. Comme il fallait si attendre, à la découverte du corps sans vie du père de famille, la police est saisie. Des agents des forces de l’ordre se déportent sur les lieux du drame et procèdent au constat d’usage. Au cours de l’enquête qui suit, les fins limiers entendent les proches du défunt. Notamment, la mère de ses enfants, mise en cause dans la lettre, découverte près du corps. Il s’agit de dame Y. Cynthia, que nous avons rencontrée sur son lieu de travail, dans la commune de Treichville.

Sur le sujet: Yopougon/ Un père de famille se pend dans sa douche

En effet, le vendredi 18 août 2017, il est environ 11h, lorsque Y. Cynthia nous reçoit dans ses bureaux. L’air un peu perdu, elle accepte, tout de même, de nous accorder un entretien, pour dire sa part de vérité, dans cette tragique affaire, à laquelle son nom est associé. Mais avant, elle sort d’un sachet bleu, des morceaux de plusieurs tissus. En fait, ce sont des tenues vestimentaires pour enfants (5), complètement mises en lambeaux. Et de préciser que ce fait est bien l’œuvre de son défunt mari, à la veille d’une des fêtes de la fin d’année 2015. En effet, à l’en croire, après avoir acheté ces habits, Bahi Déabo les offre à ses filles, auxquelles ils sont bien entendu destinés. Mais vraisemblablement, les gosses n’apprécient pas. Elles reprochent à leur père de ne pas opter d’effectuer les achats avec elles, de sorte à ce qu’elles puissent, elles-mêmes, faire leur choix. Des choix à leur goût. Ce qui a déclenché le courroux du paternel. Après cette lucarne peu reluisante, dame Cynthia s’empare de son téléphone-portable. Cette fois, pour nous faire voir quelque chose de beaucoup plus gai. Et là, il s’agit de photos et de vidéos sur lesquelles sont immortalisés, les moments inoubliables de sa vie avec son cher Bahi Déabo. Notamment, le jour de sa dot. Puis, elle va de nouveau assombrir l’ambiance, avec d’autres photos, celles-là, « sombres ».

Après quoi, la jeune dame retrace sa vie avec son homme, qu’elle a connu en 2001, alors qu’elle était déjà mère d’une fille. Elle nous retrace cette vie, pour expliquer à la face de ses détracteurs, qu’elle n’a jamais choisi le parti de pourrir la vie à son homme. Bien au contraire, c’est elle dont la vie a été pourrie. On apprend donc de Cynthia, que c’est en 2002 que le couple se met en ménage, à Abobo. En 2004 et 2006, naissent deux filles de leur sang uni, pour consolider leurs liens amoureux et agrandir le cercle de la famille. En 2008, le couple quitte Abobo, pour la commune de Yopougon. Précisément, le sous-quartier «Konan Ferrand »,  au quartier Camp militaire. En 2013, avec les enfants qui prennent de l’âge, ils aménagent dans une maison un peu plus spacieuse, de trois pièces, au quartier « Petits Toits rouges ». Toujours, à Yopougon. Mais avant, en 2012, l’homme, fou amoureux, consent à officialiser en partie, l’union avec sa concubine, en la dotant devant parents.

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Et jusque-là, c’est le parfait amour, dans ce foyer, où la complicité entre les deux tourtereaux est de mise. Au demeurant, Cynthia qui n’est pas femme à croiser les bras, pour faire porter à l’homme, tout le fardeau des préoccupations de la famille, épaule financièrement son mari. Et à cet effet, elle s’active à un petit commerce, mais relativement rentable tout de même. Le courage de la jeune dame, n’échappe pas une une « tantie » de son église, qui la prend en estime. Mieux, en 2015, la dame en question, incite sa fille, propriétaire d’une agence de transfert d’argent, à embaucher Cynthia. Et cela, après une formation accélérée, au cours de laquelle, la femme de Bahi Déabo, montre toute sa détermination à apprendre, pour être prête à l’emploi. Malheureusement, une maladie va éloigner Cynthia de son travail. Et même de son foyer, pour cause de traitement médical. En effet, en 2016, paralysée des membres inférieurs, Cynthia se retrouve en famille, à Abobo, chez sa sœur. Puis, c’est un camp de prières, qui l’accueille.

Mais, à en croire notre interlocutrice, pendant cette période, elle s’est sentie lâchée par son mari. Pis, ce dernier, comme ne voulant plus d’elle, la fait suivre de toutes ses affaires. Une attitude que ne comprend pas sa belle-famille, qui convoque alors Bahi Déabo. Ce, pour cerner ce qu’il se passe. Et bien éventuellement, régler les choses, dans le bon sens. Mais l’employé de commerce, brille par son absence. Qu’à cela ne tienne. Cynthia, elle, continue de se faire soigner, jusqu’à obtenir enfin la guérison. Après quoi, elle rejoint son foyer. Mais, voilà qu’un samedi soir, son homme revient du service, flanqué d’une jeune femme. Jeune femme qui en maîtresse des lieux, se dirige directement dans la chambre conjugale, où elle dépose son sac à main. Et note Cynthia, à sa grande surprise, après le dîner, son homme l’abandonne au salon et va s’enfermer à double-tour, dans la chambre conjugale. Et avec lui, la femme en sa compagnie. Après deux nuits où elle vit des tourments, Cynthia poursuit pour dire, que la jeune dame qui, pendant ce temps, réchauffait les draps de son mari, va chercher toutes ses affaires et s’installe dans le foyer.

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Lorsqu’elle saisit sa belle-famille, Cynthia note qu’elle est priée par son beau-frère, celui-là même, qui est venu la doter au nom de son homme, de rentrer en famille. Le temps, dit-il, de raisonner son frère. Mais après plus d’un mois sans suite, en décembre 2016, la jeune femme rapporte que, n’en pouvant plus de cette situation, elle revient dans son foyer. Exigeant de son mari que la chambre conjugale lui soit rétrocédée. Vu que le lit sur lequel son concubin n’a aucun scrupule à s’offrir des parties de plaisir avec l’autre femme, est le fruit de son commerce à elle. Mais cela ne suffit guère à ébranler son mari. Au contraire, ce dernier expulse leurs enfants de leur chambre et s’y installe avec son nouvel amour. Et tous deux, sans aucune retenue, vivent la belle vie. Quand elle et leurs enfants broient du noir. En effet, dame Cynthia explique que son mari et sa dulcinée s’offrent de bons repas copieux. Pendant ce temps, leurs gosses, qui ne perçoivent que des piécettes de leur père, ne se contentent que de misérables plats. En fin juin 2017, les choses prennent une tournure plus corsée. De fait, toujours selon dame Cynthia, son mari part du foyer, tout en signifiant à ses filles qu’il va juste raccompagner sa maîtresse chez elle. Ce n’était que diversion à la vérité. Car, une fois parti, l’homme ne fait plus signe de vie.

En début du mois d’août 2017, à en croire Y. Cynthia, le propriétaire de la maison qu’elle habite, lui apprend que son mari dit qu’il libérait la piaule. Devant un tel état de fait, Cynthia révèle qu’elle part alors, saisir la brigade mondaine, au Plateau. Ce, pour que les responsables de cette structure, fassent comprendre à son mari, qu’il y a nécessité pour lui, de l’aider financièrement, à s’occuper de leurs enfants. Vu que la rentrée scolaire pointe à l’horizon et qu’elle devra aussi désormais, toute seule, faire face au loyer. Ainsi, le 8 août 2017, de retour de la brigade mondaine, elle joint son homme, pour lui signifier qu’ils doivent se retrouver tous deux, le 11 août 2017, devant cette structure.

 

Fausse promesse…triste réalité    

Mais avant cette date, soit le jeudi 10 août, Bahi Déabo Benjamin, accompagné de l’un de ses frères, retrouve la mère de ses enfants. Et cette fois, il fait amende honorable, en proposant à cette dernière de retirer sa plainte, afin qu’ils trouvent un terrain d’entente. Cynthia dit avoir répondu que ce n’est pas une plainte en tant que telle. Mais simplement une rencontre, pour discuter de l’accompagnement financier des études et du quotidien de leurs enfants. Et cela, de façon amicale. Sur ce, son mari lui conseille de retourner voir les responsables de la brigade mondaine, pour leur signifier qu’elle et lui vont s’entendre effectivement, sur les préoccupations soulevées. Sur ces faits, le vendredi 11 août, à 10h, notre interlocutrice dit s’être rendue seule, au lieu du rendez-vous, pour expliquer ce que son mari lui a demandé la veille. Mieux, son homme communique téléphoniquement avec les agents de la brigade mondaine. Ces derniers, du reste très conciliants, le rassurent que c’est juste dans l’intérêt des enfants qu’ils souhaitent le rencontrer avec sa femme. Et jusque-là, rien ne présageait du drame, qui allait survenir, regrette fortement Cynthia, qui contient difficilement ses larmes.

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Ainsi, contre toute attente, alors qu’elle est en compagnie de ses enfants, la pauvre Cynthia signifie qu’elle reçoit un appel anonyme. L’interlocuteur lui lâche à l’oreille, que le père de ses enfants est mort. Sur place, elle dit ne pas accorder du crédit à cette information qu’elle taxe de blague de mauvais goût. Mais voilà que plus tard, elle est jointe par son beau-frère, qui confirme la triste nouvelle. Elle encaisse difficilement le coup. Difficile pour elle de croire que le père de ses enfants, qu’elle venait de rencontrer, soit mort. Et de plus, par suicide. Des signes de ce drame, qu’il n’avait même pas affiché, lors de leur ultime rencontre, après de longs mois. Mais Cynthia poursuit pour dire qu’elle entend de sa belle-famille, le partage de la douleur de la perte de Benjamin et la consolation des gosses que ce dernier lui laisse, c’est plutôt une convocation que celle-ci lui dépose. L’invitant à se rendre à la police, pour s’expliquer, sur la mort de son mari. Ne se reprochant rien, Cynthia qui répond à la convocation, va s’entendre dire qu’elle serait la cause du suicide de son homme, qui l’a mentionné dans sa lettre, avant de se tuer. Une lettre dans laquelle il lui dit également merci, pour son « pouvoir ».

Mais de quel pouvoir, parle-t-il ? S’interroge la jeune femme. Martelant que, si tel est qu’elle détenait ce prétendu pouvoir, elle aurait tout simplement, maintenu à ses côtés, son Benjamin. Que de souffrir avec ses enfants, qu’elle peine toute seule, à nourrir. Qu’elle peinera toute seule, à scolariser. En clair, c’est un faux procès qui lui est fait par son défunt mari et les siens. En tout cas, pour la jeune dame, la véritable raison du suicide du père de ses filles, se trouve ailleurs. A moins que, ce ne soit son bien triste destin. Triste fin du père, de l’homme qu’elle a aimé et dont elle espérait, en secret, un retour, à ses côtés, au foyer. Mais pour l’heure, la pauvre Cynthia éplorée, dit faire face avec dignité, aux méchancetés inutiles, qui sont dites sur son compte. Elle soutient avoir foi en Dieu et…en la Justice de son pays. Qui sauront trancher.

 

Madeleine TANOU

 

 

 

Source : L’infodrome

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