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Côte d’Ivoire – découverte de pétrole : voici pourquoi l’Etat n’a que 10%

Côte d'Ivoire - découverte de pétrole : voici pourquoi l'Etat n'a que 10%
Côte d'Ivoire - découverte de pétrole : voici pourquoi l'Etat n'a que 10%

Apollos Dan Thé se prononce sur la découverte de gisement de pétrole dans le bassin sédimentaire de la Côte d’Ivoire.

Beaucoup se demandent pourquoi notre pays n’a que 10% (en moyenne) sur l’exploitation des gisements de pétrole découverts jusqu’à présent ? Tout simplement parce que l’État a signé des contrats avec les sociétés pétrolières pour qu’elles effectuent la recherche (l’exploration) qu’elles financent à 90% et l’État de Côte d’Ivoire finance à 10%, et quand elles trouvent du pétrole elles gardent 90% et l’État a 10% (grosso modo, sans tenir compte des impôts et autres taxes douanières, etc. que perçoit l’État, selon les contrats. Certains contrats peuvent stipuler que les 10% de l’État c’est avant ou après toutes les taxes et déductions).

L’exploration coute très cher, il faut des équipements ultra modernes pour faire des forages tests en haute mer. Dans beaucoup des cas, ces recherches (exploration) ne donnent rien, et donc toutes les sommes engagées par les explorateurs tombent à l’eau. Le grand public n’est informé que quand il y a découverte de gisement. Mais entre-temps, il y a beaucoup d’essais sans succès et d’énormes sommes d’argent perdues. Hier, ENI a découvert un grand gisement, mais avant cela, le dernier gisement découvert remonte à 2001.

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Donc durant 20 ans, il y a eu de gros investissements qui n’ont rien produit. Si l’État de Côte d’Ivoire a les moyens d’investir plus dans l’exploration, il va augmenter ses parts dans l’exploitation. Il faut aussi noter que le tout est régit par une loi votée à l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire depuis 1996 appelée le code pétrolier. C’est la loi cadre en la matière, sur laquelle se font les différents contrats d’exploration que l’État de Côte d’Ivoire signe avec les sociétés pétrolières, qui elles-mêmes s’associent avec des groupes financiers pour lancer la recherche.

Personne n’agit seul en matière d’exploration et exploitation du pétrole, surtout en haute mer où ça coute très cher d’effectuer les recherches. Quand le pétrole est trouvé, il faut aussi construire les plateformes et ports flottants pour extraire le pétrole et le transporter, et toutes ces infrastructures coutent très cher. L’État de Côte d’Ivoire ne peut pas le faire seul. Pour rendre ses offres attrayantes et attirer les investisseurs (compagnies pétrolières et groupes financiers), l’État de Côte d’Ivoire offre 90% des parts.

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Ce qui veut dire que les compagnies d’exploration prennent 90% des risques de perte. Parce que s’ils investissent d’énormes sommes pour explorer des blocs et qu’ils ne trouvent rien, ils perdent leur argent. L’État de Côte d’Ivoire n’a pas les moyens d’une telle prise de risques financiers et donc l’État cède 90% des risques et aussi cela veut dire que l’État cède 90% des profits. Notons que dans bien des cas, c’est très probable que dans les faits, l’état ne finance rien en réalité, ne débourse pas un rond, les 10% sont juste un forfait de parts cédées à l’état de Côte d’Ivoire parce qu’il est propriétaire des ressources.

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La question de savoir si c’est bon ou pas sans savoir les conditions des négociations, c’est difficile à trancher. Mais une chose est sûre, c’est comme ça que les montages financiers se font en matière d’exploration et exploitation du pétrole. Les pays qui ont le savoir-faire ou qui ont du capital disponible pour faire eux-mêmes leurs recherches (exploration) financent eux-mêmes la recherche et gardent le plus gros des bénéfices.

Mais les pays comme les nôtres qui n’avons ni le savoir-faire technique ni les capitaux, nous sommes obligés de céder plus, si on veut exploiter nos ressources. C’est une négociation, et chaque partie joue avec ses forces et les faiblesses de l’autre.

À l’avenir, il faudrait peut-être que l’État voit ses capacités financières, et si cela est possible, accroitre ses parts dans des blocks où on pense qu’il y a une plus grande probabilité de trouver du pétrole. Ainsi, on minimise le risque et on maximise le gain.

 

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